‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 14 sur 134 · Arch, fam · texte numérisé non relu

Arch, fam

régime féodal et avec lui toutes ses conséquences au point de vue des successions, préparait une loi sur les testaments. Désireuse de recueillir l'expression des vœux de la nation tout entière, elle invita les sociétés populaires, si nombreuses alors, à fournir leur avis. Le 6 juin 1791, Proudhon prit la parole au sein delà. Société des amis de la Constitution, de Pontarlier, et prononça, sur la liberté de tester, un discours que nous allons résumer rapidement. *

Tous les enfants doivent-ils également succéder à leurs parents ? Telle est la question générale que se pose l'orateur : puis il la subdivise et se demande en premier lieu si les filles doivent concourir à la succession paternelle avec les garçons.

Tout d'abord, il semble qu'on ne doive pas admettre le partage entre les frères et les sœurs. L'avantage de ce système serait de permettre aux filles de parents déshérités de la fortune, mais vertueuses, de s'établir, comme à celles du plus riche financier.

Mais cet argument est plus spécieux que solide et ce système est de toute injustice. Généralement, les jeunes filles amassent à la maison, tandis que leurs frères dissipent au dehors. Les priver de tout espoir serait abattre leur courage : « La misère serait leur partage et la paresse leur vertu » . Le mariage est une association de biens à laquelle la femme doit contribuer comme le mari. Et que deviendrait une femme veuve et sans fortune ?

Cette opinion favoriserait l'égalité. Mais quelle égalité, quand l'un a tout et l'autre rien?

Et que deviendrait une sœur infortunée qui ne se marierait pas? « Comment un jeune homme, qui n'aurait rien lui-même, pourrait-il associer sa pauvreté avec la misère ? »

Cette loi serait encore contraire aux sentiments de tendresse paternelle qui, sans distinguer entre les sexes, sont égaux pour tous les enfants.

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