Discours, p. 9, 10 et H passim
défend d'arrêter le glaive vengeur des crimes qui attaquent le corps social dont vous êtes les membres, un souvenir plus cher encore ne vous échappera pas, et au moment où vous sentez dans votre cœur tout le prix de l'innocence, vous sentirez aussi combien il est doux pour l'homme vertueux d'en être le protecteur, si elle étoit injustement ou trop légèrement accusée. » *
Proudhon aborde ensuite l'examen de l'inculpation qui pèse contre les accusées; il combat l'idée, trop généralement répandue, que tout prêtre insermenté est un ennemi de la patrie.
« L'homme, dit-il, ne doit compte de sa religion qu'à Dieu; quel que soit le mode du culte qu'il adopte, il ne fait aucune injure à ses Concitoyens, pourvu qu'il ne cherche point à troubler leur repos ; et si ceux-ci s'en offensent mal à propos, ce sont eux qui deviennent injustes à son égard. Loin de vous, Messieurs, la haine absurde, conçue contre une classe d'hommes entière, par cette foule populaire, aussi aveugle que passionnée, qui ne jugeant de l'homme que d'après l'habit dont il est revêtu, ne montre aux yeux des hommes sensés que son irréligion déguisée sous le masque d'un faux patriotisme. » ^
Plus loin, il avertit les jurés de se tenir en garde contre une certaine classe de témoins, qui doivent déposer dans le procès. « Plusieurs, peut-être, déposeront de faits passés en confession avec les prêtres sur la conduite desquels ils ont à porter leur témoignage... Si quelques dépositions de cette espèce venoicnt frapper vos oreilles, vous devez, lors de votre jugement, vous comporter comme s'il n'en restoit aucune trace dans votre souvenir... Quelle confiance accorderez-vous à un homme dont la bouche sacrilège viole sans nécessité, et contre les mouvements de sa conscience, le plus saint de tous les sermons, celui du secret de la confession ? » -^
i. Discours, p. 11, 12.