‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 21 sur 134 · Lagier, p. 3i · texte numérisé non relu

Lagier, p. 3i

J. V. pièce juslif. u" Vil.

pour six ans, avec faculté d'être renommés *, reçut de notables atteintes sous la Convention. Le décret du 22 septembre 1792 renouvela tout le personnel judiciaire devenu suspect et supprima toutes les conditions de capacité précédemment requises ^. Les idées de Proudhon n'avaient pas marché aussi vite que celles de ses contemporains; aux nouvelles élections les suffrages s'éloignèrent de lui pour se porter sur des candidats dont le civisme faisait tout le mérite.

Le défenseur des prêtres insermentés vit avec douleur la Révolution suivre la voie fatale dans laquelle elle s'engageait. Son cœur d'honnête homme s'indigna et il conçut l'idée de combattre les passions déchaînées en composant un écrit sur « les inconvénients des grandes villes et le danger d'agglomérer dans les mêmes murs des populations trop nombreuses; il signalait les moyens d'y porter remède, et de disséminer la population parisienne corrompue par les passions et tous les vices 2. » Mais le remède arrivait trop tard, si tant est qu'il eût quelque efficacité. La Terreur imposa silence aux plus téméraires et l'écrit, qui était prêt à voir le jour, fut livré aux flammes.

Quel était le moyen proposé? L'auteur seul l'a su. Du moins apprenons-nous par là que la plaie qui nous ronge aujourd'hui existait déjà en 1792 et que le signal des révolutions est toujours parti des grandes villes. Depuis lors rien n'est changé, cette lèpre, signalée par Proudhon, n'a fait que nous envahir et nous menacer davantage ; l'instruction s'est développée, les sciences ont fait des progrès, le bien être s'est répandu partout, et personne encore n'a trouvé le moyen d'obvier à un

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