‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 24 sur 134 · Lagier, p · texte numérisé non relu

Lagier, p

tions formidables : Je jure par le Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, par la glorieuse Vierge Marie, par les quatre Évangélistes, etc., et si je ne garde pas mon serment, qu'au jugement terrible de Dieu je sois traité comme le traîPi^e Judas, comme le meurPrier Caïn, etc., » le spoliateur pétrifié fit une révélation complète. » ^

Vers 1792, Proudhon fut chargé, en cette même qualité, de rédiger un rapport sur les démarches des prêtres insermentés, revenus de Suisse en France ^, le progrès de leurs doctrines et la cause de leur influence.

oc Je n'exagère pas, écrit-il, en disant que c'est tout au plus si sur dix hommes il s'en trouve un dans nos montagnes du Doubs qui ne soit pas leur prosélyte plus ou moins ouvertement. » 2

Nous savons combien Proudhon était modéré dans ses opinions, et combien il avait de respect pour la religion catholique; mais il admettait, en principe, le serment civique; aux yeux des prêtres non conformistes, cette tendance le rendait digne de la mort.

« La nuit dernière, ajoute-t-il, on a coupé les deux arbres de la Liberté plantés dans la commune que j'habite et on les a arrangés devant ma porte sous la forme d'un échafaud de Saint-André, sans doute pour me faire comprendre le sort dont on me menace.

» Quels que soient les progrès de cette secte, leur cause n'échappe point à l'observateur attentif sur ce qui se passe depuis quelques années. Je vous dois, à cet égard, la vérité tout entière, parce que je la connois : c'est dans le sein des familles, c'est dans les assemblées des habitans des campagnes parlant sans déguisement, c'est dans des relations habituelles que j'ai eues sans cesse avec les hommes qui m ont parlé de

i. Curasson, p. 9. — Lagier, p. 99.

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