‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 25 sur 134 · Id · texte numérisé non relu

Id

leurs affaires et dans plusieurs voyages, que j'ai puisé ce que je vais vous en dire :

» Vous avez promis au peuple le libre exercice de son culte, et l'on a brisé ses autels ;

» Le peuple s'étoit choisi des prêtres, et on les a tous chassés, sans distinguer ceux qui se comportoient mal de ceux qui étoient vertueux ;

» Vous nous avez envoyé des commissaires pris dans le sein de la Convention, et un grand nombre d'entre eux ont affiché l'immoralité la plus grande et le libertinage le plus scandaleux. Ils ont publiquement prêché l'athéisme dans les assemblées populaires ; alors, le peuple n'a plus vu de milieu entre ces ennemis de la vertu et les ministres du culte qui lui dispensoient autrefois les consolations que la religion fait goûter aux hommes de bien. Il s'est jeté entre les bras des anciens prêtres, parce qu'il n'en avoit plus de nouveaux

y> Dès son enfance, le peuple fut nourri des principes de son culte ; la longue habitude lui en fait un besoin aussi fort qu'une seconde nature ..... ce n'est pas dans la masse du peuple qu'il faut supposer une philosophie capable de lui faire secouer ses opinions religieuses : un peuple de philosophes est une chimère et des lois philosophiques sur cette matière sont aussi inutiles que si elles étoient faites pour les habitans de la lune.

y> Est-ce par le moyen de l'éducation publique que l'on pourra parvenir à effacer, en France, les traces du catholicisme?

» Cela est impossible pour la génération actuelle, qui ne voudra pas entendre les leçons et qui, à coup sûr, ne les mettra pas en pratique. Quant à la génération à venir, comment l'enseignement public pourra-t-il prendre contre les leçons domestiques de ceux qui seront imbus de principes contraires? »

Proudhon termine en disant : « Il faut, au bonheur du peuple, donner l'essor à l'exercice libre et public de son culte... et si le gouvernement ne trouve pas le moyen de terminer

cette trop malheureuse querelle, je vous prédis, citoyens représentans, que, malgré vos efforts, vous ne marcherez encore que sur des ruines lors de votre retour et que vous rentrerez chez vous couverts do la haine secrète des peuples des campagnes. »

Triste prédiction qui ne devait que trop se réaliser.

Quelque temps après la promulgation du décret du 10 juin 1793 sur le partage des biens communaux, Proudhon fut consulté par le rapporteur chargé de présenter à la Convention un travail d'ensemble sur les dispositions pratiques à prendre pour l'exécution de cette loi. Dans son mémoire, il signale avec soin toutes les questions que peut soulever l'application de ce décret, laissant au législateur le soin de les résoudre. *

Que deviendront les droits de parcours ?

Les habitants des hameaux faisant partie d'une même paroisse ont-ils droit à un partage spécial des communaux dont ils ont l'usage; ou bien la généralité des habitants doitelle y prendre part?

Suivant l'article 1", section ii de la loi, les habitants de tout âge ont droit au partage. Cette disposition est-elle applicable aux enfants nés après la promulgation de la loi, — ou après la délibération prise pour partager, — ou après la formation des lots et avant leur tirage ?

A un autre point de vue, il se demande si cette loi est favorable à l'ensemble des populations.

Proudhon répond sans hésiter : Non, elle ne profite ni au fermier, qui sera forcé de consacrer la moitié de sa ferme à la nourriture du bétail qui devra cultiver l'autre, ni au propriétaire qui sera ainsi forcé de diminuer le canon de son bail. D'un autre côté, les pâturages seront tellement morcelés qu'il deviendra impossible d'y faire paître le bétail.

Enfin, cette diminution des pâturages entraînera la ruine des forêts qui seront envahies par le bétail, et le mal sera

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