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d'autant plus grand que l'abus se produira dans des forêts de sapin : « Dans un demi-siècle, dit en terminant Proudhon, les ports de Marseille nous demanderont en vain des bois do construction pour les vaisseaux. »
Proudhon ne s'était pas trompé. Les conséquences de cette loi furent déplorables et, plus tard, il écrira dans son Traité des droits d'usage : « Le partage de communaux, opéré entre les habitans du lieu, est un acte subversif du droit de propropriété il est, en outre, contraire à la destination du
communal qui devait servir, dans le futur comme dans le présent, aux aisances des habitants; tandis que la distribution qu'on en fait vient anéantir tout espoir pour les générations à venir. » ^
Par l'étude spéciale qu'il avait faite des lois nouvelles, Proudhon fut naturellement désigné pour terminer les différends pouvant s'élever sur leur application dans les communes du district qu'il habitait. Le 17 brumaire an III (7 novembre 1794) le conseil général de la commune d'Ornans, « sur le compte avantageux qui lui a été rendu des lumières, capacité, civisme et probité du citoyen Proudhon, juge de paix du canton de Nods, le choisit à l'unanimité des suffrages pour son arbitre, » à l'effet de statuer sur l'opposition formée par ledit conseil à un arrêté du département du Doubs par lequel l'hermitage de Saint-Roch et ses dépendances, situé sur le territoire de cette commune, était déclaré bien national. ^
Mais Proudhon ne devait pas exercer longtemps ses modestes fonctions sans être persécuté. Après avoir défendu publiquement la cause des prêtres insermentés, il eut le courage de favoriser en secret leur évasion ^ et d'offrir aux émigrés un asile dans sa propre maison. ^
De tels faits furent bientôt connus, et la moindre peine qui
i. Traité des droits d'usaqe, servitudes réelles, 2« éditioD, t. 111, n» 823.