‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 3 sur 134 · Voir pièces justificatives, n» M · texte numérisé non relu

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3. « Sur la généalogie ancienne de notre famille, je ne sais que ce que Firmin Lagier a inséré dans sa notice. On n'y trouverait probablement que des cultivateurs. Quand j'étais jeune, mon insouciance naturelle m'a fait négliger de recueillir, soit de mon père, soit de mes oncles, des notes pour remonter plus haut qu'eux. On ne prévoit pas l'utilité future de bien des choses. Et maintenant, tout ce monde n'existe plus. » (Lettre de M. C. Proudhon, à l'auteur, en date du 15 janvier 1875.)

teur, un germe à développer. Elle plaça Victor à neuf ans chez l'instituteur de Nods, mais le jeune écolier refusait de travailler avec application; l'étude n'avait aucun charme pour lui.

On raconte que Donneau, rebuté par la sévérité d'un maître brutal, avait été pris d'un tel dégoût pour les études littéraires, que son père ne put le décider à les continuer qu'à la menace d'être placé comme valet chez un gardeur de pourceaux * ; Proudhon, au contraire, demandait à rentrer à la ferme : a Envoyez-moi aux champs, je ferai tout ce qu'il vous plaira de m'ordonner; mais il m'est impossible d'apprendre et de rester plus longtemps éloigné de la maison ~. » Ainsi parlait-il un dimanche qu'il s'était avisé, au sortir do la messe, de fuir l'école et de suivre les paroissiens de Chasnans. Sa mère, qui servait à ce moment le repas de la famille, quitte son travail, donne au jeune indiscipliné une correction sévère et lui fait reprendre le chemin de Nods. Honteux de ce châtiment mérité, Victor s'enfuit au plus vite, dans la crainte d'en recevoir un second. A partir de ce moment, il devint un excellent élève. Dans ses jours d'expansion, Proudhon se plaisait à raconter gaiement cette scène do son enfance et cet exemple de sévérité maternelle à laquelle il a dû, peut-être, sa célébrité.

Aucun document ne permet de préciser exactement la durée de son séjour à Nods ; mais à seize ans, nous le retrouvons chez un autre instituteur, « M. Huot, excellent maître, enseignant à Bretonvillers 3, » où il fit ses études de latinité. Il y passa trois ans et devint un très bon écolier ^; sa mère, heureuse d'avoir si bien deviné les dispositions de son fils, eut la pensée de le faire

1. Eyssel, Doneau, sa vie et ses ouvrages; Dijon, 1860, p. 27.

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