‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 4 sur 134 · CurassoD, Éloge de Proudhon; Dijon, 1839, p · texte numérisé non relu

CurassoD, Éloge de Proudhon; Dijon, 1839, p

3. Biographie sommaire de Proudhon, écrite par lui-même en 1838. (Ârcb. de famille,) Bretonvillers, canton de Russey, arrondissement de Montbéliard (Doubs).

i. Curassou, p. 4.— Lagier, Eloge de Proudhon; Dijon, 1839, p. 85, note 3.

entrer dans les ordres sacrés. La mort prématurée de son mari lui permit bientôt de donner un libre cours à ses projets, dont elle considérait l'exécution comme une suprême consolation à son immense chagrin.

Elle ne recula pas devant une séparation * et présenta Victor au collège de Besancon ; mais, à cette époque, les écoliers qui n'y avaient pas commencé leurs études ne pouvaient entrer dans les classes supérieures, sans subir un examen. Le principal, qui était chargé de ce soin, ne put retenir sa surprise à la vue de ce jeune campagnard, au costume modeste, aux allures embarrassées. Son étonnement fut plus grand encore en entendant les réponses précises du candidat et la manière assurée dont il traduisait Horace et Virgile. On lui rendit justice et il entra d'emblée dans la classe de philosophie dont il suivit les cours pendant deux années.

Il profita de ce temps pour étudier successivement l'histoire, les sciences physiques, les mathématiques et l'astronomie. En 1777, il obtenait les premiers prix de philosophie, de logique et de mathématique 2, et l'année suivante, ceux de philosophie et de physique 3. Le certificat qui lui fut délivré par ses maîtres à la fin de ses cours témoigne de l'ardeur studieuse du jeune Proudhon et do l'estime générale dont il était déjà l'objet. ^

Ses connaissances étendues dans les sciences lui permirent plus tard de donner des répétitions aux jeunes officiers du génie en garnison à Besançon, et d'alléger ainsi les charges

1. M. Estignard {la Faculté de Droit à Besançon, p. 288) se trompe eu disant qu'étant au collège de Besançon, le jeune Proudhon avait auprès de lui sa mère. « Madame Proudhon n'a jamais cessé d'habiter Chasnans. » (Lettre de M. C. Proudhon à l'auteur, en date du 19 février 1878.)

2. Ces prix consistaient en un ouvrage intitulé : Bibliothèque de physique et d'histoire naturelle, 5 vol. in-12 ; Paris, 1757. -La garde du premier volume porte l'attestation signée par M. Vautrin, principal du collège.

3. Il obtint, comme prix du concours de philosophie, les Lettres de quelques juifs allemands à Voltaire, 3 vol. in-12; Paris, 1766.

i. V. pièces justificatives, n" III.

pécuniaires que son séjour à la ville imposait à sa famille ^ Il est même à croire que, au moment de la création des Écoles centrales, si Proudhon n'avait espéré la chaire de législation, il eût concouru pour celle de mathématiques.

Au sortir du collège il suivit pendant quatre ans, en qualité d'externe, les cours du savant abbé Jacques, qui professait alors la théologie au séminaire de Besançon 2. Là, comme au collège, le jeune Proudhon se fit remarquer par une intelligence d'élite et une grande obstination au travail, et si les nombreuses couronnes qu'il rapportait chaque année ^ furent une douce satisfaction pour le cœur de sa mère et une large compensation aux sacrifices que nécessitait l'éducation de ses fils, bien souvent aussi elles excitèrent l'envie et la jalousie de ses condisciples. Il amassa sur la Somme des conciles un immense recueil de notes, véritable travail de bénédictin, que nous avons parcouru avec un vif intérêt *. « C'est au séminaire, disait-il souvent, que j'ai commencé à devenir jurisconsulte s. j> La liste des ouvrages qu'il emprunta plus tard aux bibliothèques de Besançon, peut seule donner une idée de l'importance qu'il a toujours attachée à la théologie. Les rapports entre l'Eglise et les puissances temporelles ont été surtout l'objet de ses méditations ''. D'ailleurs, l'étude

{. Lagier, p. 28.— Villequez,— i?et;. de legisl. franc, et étrangère, 1873, p. 86.

2. Biographie sommaire, déjà citée. — V. également le Discours prononcé au tribunal de Pontarlier, le 13 mars 1792, par Proudhou, sur la mise en accusation de deux prêtres insermentés, p. 16.

3. Il obtint notamment, comme prix de théologie, le Siècle Chrétien, par l'abbé ***, 0 vol. in-12; Paris, 1775. V. le Catalogue de la bibliothèque de Proudhon. 1838. (Arch. famille.)

4. Liasse de cahiers mss. in-i", contenant environ 300 pages. (Arch. famille.)

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