‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 34 sur 134 · Mémoire justif. de 1816, p · texte numérisé non relu

Mémoire justif. de 1816, p

gens, une haine sourde s'élevait contre Proudhon. Au Conseil des Cinq-Cents, il fut attaqué avec une grande acrimonie de langage par le citoyen Briot, du Doubs ^, chargé de présenter un rapport sur la législation relative aux ecclésiastiques et les mesures à prendre à leur égard 2. Sans doute Briot ne nomme pas à la tribune l'auteur de la brochure qui lui inspire une si médiocre estime, mais personne ne pouvait s'y tromper.

a L'impudence, at-il dit à la séance du 21 brumaire an VII ^, est même poussée à un tel point que, dans plusieurs départemens (dans le mien, par exemple), on a vu, il n'y a pas longtemps, des légistes bien lourds, bien inciviques, faire de plates brochures pour prouver que tous les prêtres inscrits sur la liste des émigrés doivent être considérés comme déportés, sur les motifs qu'ils n'ont été inscrits que d'après les lois qui les avoient assimilés aux émigrés et qu'ils ne peuvent plus être condamnés à la déportation.

» Le résultat de ces libelles, continue Briot, a été de tromper quelquefois de braves militaires embarrassés au milieu de tant de science et de tant de citations, mais surtout d'apitoyer les âmes foibles, de calomnier les lois de la République et les principes du Corps législatif. » *

A Besançon, Proudhon fut l'objet des mesures les plus

1. Briot (Pierre-Joseph), né le 17 avril 1771 à Orcliamps, mort à Auteuil le 16 mai 1827, fut successivement avocat, professeur de rhétorique, engagé volontaire, député à la Convention, secrétaire à l'agence de la manufacture d'horlogerie de Besançon, ofQcier municipal de cette ville, accusateur public près le tribunal criminel du Doubs, membre du Conseil des Cinq-Cenls, secrétaire général de la préfecture du Doubs, commissaire du gouvernement à l'île d'Elbe, intendant des Abruzzes, puis de la Calabre, et enfin conseiller d'État napolitain sous le règne de Murât. Celui-ci s'étant déclaré contre la France, Briot revint dans son pays et vécut dans la retraite exclusivement occupé d'agriculture et d'opérations industrielles.

2. Briot proposa d'assimiler aux émigrés les prêtres condamnés à la déportation qui ne se présenteraient pas dans le délai d'un mois.

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