V. pièce justif., n» XV
PROUDHON. ft
Paris, il vint me trouver dans mon cabinet, me fit connaître l'article de sa mission qui me concernait et me dit en propres termes : Telle est l'estime que j'ai conçue pour vous, que, si vous voulez une éclatante réparation, dans peu de jours je ferai destituer tous vos dénonciateurs, qui sont fonctionnaires publics. — La vengeance, lui dis-je, n'est rien pour moi ; je ne demande que la tranquillité. — Hé bien ! vous l'aurez, me répondit-il en me quittant. Ma dénonciation n'eut effectivement pas d'autre suite. » ^
Maintenu dans ses fonctions, rendu à l'affection de ses élèves, il continua sans relâche la préparation du cours de jurisprudence qu'il était sur le point de publier.
Mais les Ecoles centrales, d'où l'on avait banni la religion, étaient généralement désertes. Malgré l'intérêt que semblait leur porter le gouvernement 2, elles n'avaient pas obtenu la confiance des pères de famille, qui préféraient s'adresser, pour l'éducation de leurs enfants, à des établissements privés. Après le 18 brumaire, les institutions qui avaient pour objet l'instruction publique n échappèrent pas à la sollicitude des Consuls. Une nouvelle loi fut votée par le Corps législatif sur le rapport de Fourcroy, directeur général de l'instruction publique, et sanctionnée le 11 floréal an X {!" mai 1802) par le gouvernement. Elle établissait quatre degrés d'enseignement, et notamment des écoles spéciales pour le droit et la médecine. « Il est temps, — disait au Corps législatif le conseiller d'Etat Portails, — que les théories se taisent devant les faits. Point d'instruction sans éducation, point d'éducation