‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 5 sur 134 · Lagier, p. 86, note · texte numérisé non relu

Lagier, p. 86, note

6. Ainsi que le prouve la pièce ci-dessous : « Le citoyen Proudhon, homme de loix, ayant, à différentes fois pris, par emprunt, quelques ouvrages des bibliothèques nationales de Besançon, les y a rétablis ainsi qu'il suit :

1° La Collection des Conciles, de Labbé, en 18 volumes in-folio.

2» Celle de Binius, en 9 vol. in-fol.

3» Les Conciles des Gaules, en 3 vol. in-fol.

40 Les Capitulaires de Charlemagne, en 2 vol. in-fol.

des mathématiques avait donné à son esprit une habitude de raisonnement rigoureux et de déduction logique qui se retrouve dans tous ses écrits.

Mais ce n'était pas dans le sacerdoce que Proudhon devait illustrer son nom. Sa nature droite et loyale refusa-t-elle de se lier par des promesses irrévocables, qu'elle craignait de ne pas pouvoir tenir, ou bien fut -elle effrayée par le triste exemple que donnaient quelques membres du clergé français à la fin du siècle dernier? C'est ce que nous ne pouvons dire; les raisons qui l'ont déterminé à cesser d'étudier la théologie sont demeurées inconnues. •

En tous cas, s'il quitta le séminaire pour se livrer à l'étude du droit civil, ce ne fut pas sans y laisser de nombreux amis et sans conserver, dans le fond de son cœur, les principes

5» De Moria, De concord. sacerdot. et imper., i vol. in-fol.

6» Platiaa, De l'Histoire des Papes, l vol. in-fol.

70 Grégoire de Tours, 1 vol. in-fol.

8° Le troisième tome, in-fol., des OEuvres, de Grotius.

90 Notice des Diplômes, le premier vol. in-fol.

10° Le Décret de Gratien, i vol, in-fol., ou premier volume du Corps de droit canonique.

11° Mémoires du Clergé, en 14 vol. in-4»,

12» Tome premier de la Défense du Clergé, 1682.

130 Affaires du Clergé, 1 vol. in-4o.

14» Historia urbium metropolitanarum.

15° Autorité des deux Puissances, 3 vol. in-8°.

16» L'Accord des loix divines, ecclésiastiques et civiles, 1 vol. in-12.

17» Traité de l'autorité des Rois sur l'administration de l'Église, 1 vol, in-12.

De tout quoi, il lui a été fait décLarge, par moi, Jean-Élienne Camus, commis-bibliographe, de la part de l'administration dans les bibliothèques nationales de Besançon.

Donné audit Besançon, ce trente ventoze an trois de la République françoise une et indivisible (20 mars 1795). Signé Camus. .. (Arch. fam.)

1. M. C. Proudhon nous écrivait le 15 janvier 1875 : « Le motif réel pour lequel mon père a quitté le séminaire est absolument inconnu. Il n'a été écrit nulle part et si, dans ses rapports confidentiels avec ses anciens camarades, il le leur a dit, tous sont décédés et on ne peut plus les consulter. » Proudhon, dans sa Biographie sommaire, a seulement écrit ceci : « M'élanl dégoûté de l'état ecclésiastique, que ma mère s'était proposé de me faire embrasser, je me suis dès lors voué à l'étude du Droit. »

religieux que sa mère y avait déposés et que ses études y avaient développés ; il le prouva bien plus tard. Si, en rentrant dans le monde Proudhon a privé le sacerdoce d'un bon prêtre et l'Eglise d'un savant docteur, le droit civil peut se féliciter d'avoir acquis un habile interprète, la jeunesse un professeur modèle, et la société un bon citoyen.

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