‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 51 sur 134 · Arcli. de l'École de droit de Dijon. Reg. des délib · texte numérisé non relu

Arcli. de l'École de droit de Dijon. Reg. des délib

Jacotot 1, fut enlevé et,— malgré les démarches de ses collègues et les efforts tout particuliers que Proudhon fit pour le sauver, — transporté près de la frontière où il fut gardé militairement pendant plusieurs semaines. 2

La première restauration maintint Proudhon dans ses fonctions. Mais après la seconde, il ne fut pas à labri des persécutions politiques. On connaissait son dévouement à Tempereur; on savait qu'il avait assisté, pendant le§ Cent- Jours, à Tinauguration d'un buste de Napoléon, et qu'il avait été nommé bâtonnier de l'ordre des avocats 3. H n'en fallut pas davantage pour autoriser d'odieuses calomnies et de lâches dénonciations. Dès le mois d'août 1815, il sentait l'orage gronder sur sa tête. La loyauté de son caractère ne lui permettait pas de rester dans l'incertitude; aussi, tandis qu'il réunissait, d'un côté, les documents de nature à éclairer le ministère sur sa conduite, d'un autre, il écrivait à la commission de l'instruction publique ^ pour provoquer des explications. On lui répond qu'aucune dénonciation n'est parvenue contre lui, et qu'il ne sera pas pris de détermination sans l'avoir entendu. ^

1. Joseph Jacotot, né à Dijon le 4 mars 1770, mort à Paris le 30 juillet 1840, est l'auteur de la méthode d'enseignement qui porte son nom. Successivement professeur d'humanités au collège de Dijon, capitaine de la compagnie d'artillerie de la Côte-d'Or, attaché au bureau central des poudres et salpêtres, professeur à l'école centrale de la Côte-d'Or, puis à la faculté de droit de Dijon, Jacotot fut élu député pendant les Cent-Jours, soutint comme rapporteur de la commission du projet d'adresse l'empire constitutionnel et fit adopter le vote en faveur de Napoléon II. Destitué de sa chaire par les Bourbons, il vécut, en Belgique, du produit de ses leçons, jusqu'en iS30.

2. V. la lettre rapportée par M. Villequez, p. 92. — Le 29 novembre 1870, un fait semblable se renouvelait à Dijon. Quarante otages appartenant aux départements de la Côte-d'Or et de la Haute-Saône, parmi lesquels se trouvait M. Paul Gaudemet, professeur agrégé à la faculté de droit, étaient enlevés à leur famille et dirigés par étapes sur Brème.

3. Arrêté du 6 avril 181S, pris par M. Ballant, procureur général. En 1813, Proudhon avait été nommé membre du bureau de consultation gratuite.

4. Lettre du 9 octobre 1815. La commission de l'instruction publique était alors composée de Cuvier, Frayssinous et Silvestre de Sacy.

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