V. pièce justif. n» XXIX
Cependant, le 9 novembre suivant ^, tandis qu'il se reposait, comme de coutume, à Chasnans, des fatigues de Tannée scolaire, les membres de cette même commission prenaient à son insu un arrêté qui lui enlevait le décanat, le suspendait de ses fonctions de professeur et lui accordait le délai d'un mois pour produire sa justification. ~
On lui reprochait : l** d'avoir, avant le 20 mars, excité les étudiants à se déclarer pour l'usurpateur, et notamment d'avoir prononcé un discours à l'inauguration du buste de Bonaparte; 2** d'être un bonapartiste exalté et de ne fréquenter habituellement que des Jacobins.
Il ne fut pas difficile à Proudhon de réfuter ces deux griefs et de montrer tout ce qu'ils renfermaient de calomnie. Sans doute, on comprend qu'après les Cent-Jours, au moment où d'incessants complots menaçaient l'existence du gouvernement, on se soit montré sévère pour ceux qui l'avaient lâchement trahi. Mais Proudhon pouvait-il se rendre coupable d'une trahison? « L'homme qui ne craignait pas, dit M. Lagier, dans les plus mauvais jours de la Révolution, de placer le serment civil sous la sauvegarde des sentiments religieux, ne saurait être suspect d'avoir violé le sien. » ^
Nous emprunterons à l'excellent Mémoire justificatif qu'il adressa à la commission, le récit de cet incident. Toute sa justification repose sur des faits précis et des dates exactes. On ne saurait donc révoquer en doute sa sincérité.
A l'accusation générale « d'avoir, avant le 20 mars *, excité
\. Et non pas le 9 octobre, commeîle disent à tort M, Lagier, p. HO, et M. Villequez, p. 96. — Curasson, p. 14, donne aussi, par erreur, à cet arrêté la date du 21 novembre. (Arcb. fam.)
2. Malgré les recherches que M. de Mas-Latries, chef de section aux Arcliives nationales, a bien voulu prescrire, le texte de cet arrêté n'a pu être retrouvé. Les griefs élevés contre lui ne nous sont donc connus que par son mémoire justificatif.