‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 60 sur 134 · V. pièce justificative n° XXXf · texte numérisé non relu

V. pièce justificative n° XXXf

6. Ce dernier point résulte d'une lettre du 18 décembre 1816 de M. Silvestre de Sacy à Proudhon, lui donnant des explications sur l'attribution du prëciput de doyen pendant sa suspenaion. (Pièce just. n" XXXVI.)

Cette nouvelle, arrivée pendant les vacances, fut, à la rentrée, l'occasion d'une petite fête ; le jour où il reparut dans son Ecole fut un jour de triomphe ' ; un élève lui récita une pièce de vers, que le vénérable doyen conserva religieusement et que nous nous faisons un plaisir de reproduire :

Salut, fils de Thémis, salut, profond génie, Que, trop longtemps pour nous, a combattu l'envie ! Viens, viens, cher professeur, tes disciples heureux Bénissent le beau jour qui te rend à leurs vœux :

Viens, vois si l'on t'aimait Une ardente jeunesse

S'empressant sur tes pas, tressaillant d'allégresse. Veut te voir, t'eotourer, s'enivrer du bonheur D'entendre encor ta voix, d'exprimer la douleur

Qui régna parmi nous pendant ta longue absence

Tranquilles pour tes jours, sûrs de ton innocence, Ton départ avait seul excité nos regrets : Ta gloire, tes lauriers, tes talents pour forfaits Devaient-ils à l'amour causer quelques alarmes? Non ; en vain aiguisant leurs plus subtiles armes Tes lâches ennemis brûlaient de farracher Des honneurs que, pour eux, ils n'osaient espérer; Tes vertus étaient là pour conjurer l'orage Qu'appelait sur ta tête une impuissante rage. Tu triomphes enfin, ton mérite a parlé, Et la honte, aujourd'hui, n'est pas pour l'accusé : Dis-moi, par notre amour, par de publics hommages, N'es-tu pas trop vengé de quelques vains outrages? Je laisse à leurs remords tes vils accusateurs. Qu'ils meurent de dépit en voyant ta vengeance, En pensant qu'ils ont pu nous ravir ta présence, Mais qu'il fallait encor t'exiler de nos cœurs! »

De son côté, Poncet n'accepta le titre de doyen que comme un dépôt, prêt à le remettre, quand le temps en serait venu, à celui qui en avait été injustement dépouillé; « il s obstina avec une délicatesse antique à refuser et l'investiture et les émoluments du titre, et sollicita lui-môme la réintégration de

i. Lagier, p. 68.

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