Arch, famille
son ami *. » C'était là un noble et rare exemple d'union et de désintéressement qu'offrait l'Ecole de droit de Dijon, dans ces temps d'ardentes divisions.
Cette conduite était d'autant plus remarquable qu'elle avait moins d'imitateurs. La correspondance de Toullier avec Proudhon nous apprend ce qui se passait alors à la faculté de droit de Rennes, dont le savant doyen avait été aussi destitué par un acte injuste et arbitraire : « Celui qui m'a remplacé, écrit Toullier, a été mon élève, car je suis déjà vieux. » -
Les relations épistolaires, entre ces deux jurisconsultes qui se portaient une mutuelle et sincère affection et qui moururent en regrettant de ne s'être jamais rencontrés, ne remontent qu'au mois de mai 1816; mais leur communauté de malheur resserra bien vite les liens qui les unissaient, et c'est avec un véritable enthousiasme que Toullier écrivait, le 8 juillet 1818, à Proudhon, en lui envoyant le huitième volume de son Traité des Obligations :
a Votre ami, le respectable Poncet, est un homme admirable. Comment diable, il a autant d'esprit que de délicatesse et de noblesse d'âme ! Et cependant, je ne le connaissais pas ! O que je désirerais être à lieu de vous connaître tous, de vivre avec vous, de mériter votre amitié, bons professeurs de Dijon. Eh ! qu'importent les nuances qui peuvent exister entre les opinions politiques des hommes. Hélas! j'ai vu un temps où nous étions unis comme vous; l'ambition et l'esprit de parti ont tout gâté. » ^
Toullier ne se contenta pas d'exprimer son admiration pour Poncet dans une correspondance intime. La préface du huitième volume de son Traité de Droit civil français contient, avec le récit de sa révocation et son appréciation sur les causes de la nomination de M. de Corbière, son successeur,