‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 63 sur 134 · Lettre du 18 août · texte numérisé non relu

Lettre du 18 août

3. « Je viens d'être rétabli dans l'exercice de mes fonctions de doyen. Je sais que les députés de notre département en avaient beaucoup parlé à M, Royer-CoUard; mais je n'avais fait moi-même aucune démarche directe à cet égard, et je n'y pensais pas quand l'arrêté est venu. » (Proudhon à Toullier, lettre du 18 août 1818.)

membres de la commission, Tabbé Frayssinous, chargé de l'instruction de cette affaire. *

Une curieuse correspondance, émanée de personnes bien placées pour connaître et apprécier ce qui se passait à Paris, nous révèle les hésitations de ses juges et l'audace de ses dénonciateurs.

Son ancien élève Courvoisicr, qui devint plus tard garde des sceaux, lui écrivait le 23 novembre 1816 : « Nous ne voyons rien clairement encore. Poids à droite, poids à gauche, je crains que la balance ne reste dans l'indécision. Autant vaudrait qu'elle versât. » ^

Jobez, député du Jura, qui avait fait, conjointement avec MM. Gagneur et de Grammont, des démarches en sa faveur, auprès du président de la commission provisoire de l'instruction publique, lui mandait le 3 décembre suivant : « Nous avons trouvé dans M. Royer-Collard les dispositions les plus bienveillantes à votre égard ; mais, malgré son envie de vous satisfaire, il pense que ce n'est pas encore le moment de vous rendre le titre auquel vous avez des droits si bien acquis. » ^

Les sollicitations étaient incessantes. A deux reprises, la faculté de droit avait écrit à la commission de l'instruction publique pour la prier de réintégrer Proudhon dans l'exercice de ses fonctions de doyen *; une première fois, le 7 novembre 1816, il fut répondu que ces fonctions n'étant que temporaires, il n'y avait rien, dans la décision relative à Proudhon, qui puisse lui faire tort =". Un mois après, le 7 décembre, Courvoisicr écrivait : « Monsieur Royer-Collard nous a promis le succès de votre juste demande; on attend que l'énergie gagne ceux qui devraient la stimuler dans autrui. » ^'

i. CurassoD, p. 14.

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