‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 70 sur 134 · Arch. fam · texte numérisé non relu

Arch. fam

2. A. Nettement, HisU de la Restauration, t. V, p. 344 et suiv.

3. C'est ainsi que le général La Fayette, à la fin de mai 1820, terminait son discours sur le projet de loi électorale en disant qiie la nation, et surtout la jeunesse, voulaient la liberté. (A. Nettement, t. V, p. 389.) D'autres orateurs ajoutaient u qu'elle était prête à ressaisir le faisceau immortel des

Mais il est temps de quitter ces généralités pour reprendre le cours de notre récit.

Dès l'année 1818, le jeune barreau avait fondé, sous la protection de Proudhon, une Société de jurisprudence. Le talent de la plupart de ses membres, les travaux sérieux auxquels ils se livraient, le patronage sous lequel ils s'étaient placés, en assurèrent le succès. D'abord privées, ses réunions devinrent publiques ^ et curent lieu, avec l'autorisation du doyen, dans la grande salle des exercices publics de la faculté de droit. Le 24 janvier 1819, Proudhon présida la séance d'ouverture et adressa aux membres de cette conférence, qui étaient tous ses anciens élèves, quelques conseils frappés au coin d'une paternelle affection. Après avoir félicité les fondateurs de la société, il les exhorte à la stricte application du règlement qu'ils se sont imposé : « Mais, ajoute-t-il, vos obligations sont loin d'être toutes renfermées dans ces bornes étroites ; il convient à de jeunes légistes, aspirant aux fonctions de la magistrature, d'en contracter de bonne heure les habitudes sérieuses et d'en adopter les mœurs : à ces conditions seulement, cette institution sera durable et produira les heureux résultats qu'on est en droit d'en attendre. » -

Le souvenir des études qu'elle provoqua et des jurisconsultes qu'elle produisit n'est pas encore oublié à Dijon. '^

droits, si on l'enlevait à la nation, (ki. p. 402.) Ces appels furent malheureusement entendus et produisirent, aux abords de la Chambre des Députés, de regrettables désordres et même des collisions dans lesquelles la jeunesse des écoles eut la part la plus active.

1. Décision du ministre de la police générale du 22 novembre et lettre du préfet de la Côte-d'Or du 13 décembre 1818.

2. V. le Procès-verbal d'installation de la Société de jurisprudence de Dijon; Dijon, impr. Carion, 1819, in-4» de 20 pages.

3. En 1865, M. Neuville, alors professeur de Code civil à la faculté de droit de Dijon, fonda, sous le titre de Conférence Proudhon, en souvenir de celles que le vénérable doyen avait autrefois présidées, des réunions hebdomadaires de jeunes légistes. Chaque année, deux discours étaient proacncës à la séance de rentrée par des élèves que leurs camarades désignaient à l'élection.

Proudhon consacrait alors ses loisirs à la composition de son Traité de l'Usufruit, qui parut de 1823 à 1827. Non-seulement cet ouvrage acquit bientôt au palais une autorité incontestable et incontestée, mais encore un nombre considérable de jurisconsultes et de députés tint à honneur d'adresser à l'auteur les félicitations les plus sincères et les mieux méritées. *

A la même époque, la préparation d'un nouveau code forestier préoccupa beaucoup Proudhon; il en étudia les projets, en suivit la discussion et adressa à la Chambre des pairs un mémoire contenant « des réflexions critiques, résultat de très longues études et d'une grande suite de recherches et d'observations sur cette matière 2. » Le comte Roy, ministre des finances, l'en remercia par une longue lettre autographe dans laquelle il discute ses observations ^. « Mais le Code forestier, dit M. Lagier, subit l'influence d'idées opposées à celles de Proudhon et les intérêts des communes furent trop souvent sacrifiés. » *

Tout en se livrant activement à ses travaux de cabinet, Proudhon ne négligeait rien de ce qui pouvait relever l'Ecole : M. Morelot, le seul professeur suppléant, venait d'être nommé titulaire (juin 1826). Aussitôt, sur l'initiative du doyen, la faculté présente une requête au grand maître de l'Université ^ pour obtenir la nomination de deux suppléants et l'ouverture du concours à Dijon. Ses désirs ne furent qu'à moitié réalisés.

1. Voir les nombreuses lettres de félicitation adressées à Proudhon par MM. Rolland de Villargues, magistrat ; Grappe, professeur de droit à la Faculté de Paris; Delamalle, conseiller d'État, sous-iuspecteur des facultés de droit; Casimir Périer, Labbé de Pompierre, Royer-Collard, députés ; Seguier, premier président de la cour de Paris; par l'Académie de Dijon, celle de Besançon et le conseil municipal de la même ville.

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