M. Loraio nommé professeur de droit commercial
3. Les idées de Proudlion viennent de recevoir un commencement d'application par la création des concours pour les fonctions d'attaché à la chancellerie et aux parquets des cours et tribunaux. (V. le décret du 29 mai, la circulaire du 4 juin et l'arrêté du 24 juillet 1876, dans le Bulletin officiel du ministère de la justice, année 1876, p. 87, 96 et 126.)
les exercices du concours, il leur demande de ne pas y assister comme à un spectacle, mais d'y chercher un motif d'émulation. 11 les engage à marcher sur les traces des honorables candidats qui les précèdent dans la vie ; à imiter leur exemple et à puiser, comme eux, le goût de l'étude dans l'assiduité aux cours, loin des spectacles et des cafés, où les oisifs vont perdre leur temps et leur argent.
L'exemple ne pouvait être mieux choisi, puisque l'épreuve se termina par la nomination de M. Serrigny dont les habitudes laborieuses sont traditionnelles à Dijon et les travaux sur le droit administratif universellement connus. ^
Un second concours s'ouvrit à Dijon, en 1834, pour remplacer le professeur de procédure civile, Poncet, que son état de santé avait forcé de se retirer avant l'âge. Bien qu'à ce moment le respectable doyen mît la dernière main à son Traité du domaine public, il ne voulut céder à personne le droit de présider les séances. ~
Le 9 juin 1837, un troisième concours se terminait à Dijon et, le même jour, Proudhon était promu au grade d'officier de la Légion d'honneur. Le 12 mars 1831, il avait été fait chevalier du même ordre à la demande de ses élèves qui sollicitèrent et obtinrent cette distinction tardive du duc d'Orléans, à son passage à Dijon. ^
1. M. Serrigny, né à Savigny-sous-Beaune (Côte-d'Or) en 1800, professeur de droit administratif et doyen de la faculté de droit de Dijon, est mort le 19 octobre 1876. 11 a composé : Traité de l'organisation, de la compétence et de la procédure en matière contentieuse administrative, 2 vol. in-S", 1842 à 1846; 2« édit. 3 vol. in-8», 1865. — Traité du droit public des Français, 1845, 2 vol. in-8*. — Questions et traités de droit administratif, 1854, 1 vol. in-8°. — Mémoire sur le régime municipal en France dans les villages, depuis les Romains jusqu'à nos jours, 1861, in-8°. — Droit public et administratif romain, ou institutions politiques, administratives, économiques et sociales de l'empire romain, du quatrième ou sixième siècle, 1862, 2 vol. in-S». (V. un article nécrologique signé H. B. dans la Gazette des Tribunaux du 22 décembre 1876.)
2. C'est M. Victor Ladey, aujourd'hui doyen honoraire de la faculté de droit de Dijon, qui fut nommé.
3. V. Lagier, p. 69. — Jamais Proudhon ne rechercha les honneurs; il reçut toujours avec joie, mais comme une faveur inattendue, les titres qui
La joie de cette nomination fut attristée par les dissensions qui existaient au sein de l'Ecole et qui s'accentuaient de jour en jour. La division des opinions sur le choix de l'élu du dernier concours ne fit qu'envenimer la situation. L'un des professeurs ^ alla jusqu'à publier dans un journal de Dijon, contre la décision des juges, une protestation qu'il ne tarda pas à regretter. Un groupe d'étudiants fit de même 2; le ministre de l'instruction publique, M. de Salvandy, demanda des explications, et fut sur le point de diriger des poursuites contre le professeur ; mais grâce à l'intervention de Proudhon, secondé par la députation de la Côte-d'Or, il se contenta d'une lettre d'excuse. L'élu du concours conserva sa chaire ^ et le vaincu, qui n'avait échoué que d'une voix, fut nommé à celle de droit administratif, qui venait d'être récemment créée à Dijon. ^
lui furent succe8sivement conférés. Après avoir été nommé bâtonnier de l'ordre des avocats en 1815, il fut, en 1819, élu à ces mêmes fonctions par ses confrères qui le maintinrent pendant dix ans à la tête de l'Ordre. Cette marque de confiance était bien faite pour le consoler des tribulations qu'il subissait à cette époque. Dans sa séance du l»' fructidoranX (19 août 1802), l'Académie de législation de Paris l'avait nommé membre affilié; le 22 juin ISOT, il était reçu comme associé résidant de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon; le 16 février 1809, celle de Besançon lui conférait aussi le titre d'associé; enfin dans la séance du 30 novembre 1833, il était nommé, à la majorité de quatorze voix sur quinze, membre correspondant de l'Institut royal de France pour la section de législation. Dupin, Carnot et Droz, s'empressèrent de lui transmettre cette bonne nouvelle. Le même jour, TouUier était élu avec un nombre égal de voix.
1. M. Morelot, décédé en mars 1875, doyen honoraire de la faculté de droit de Dijon.