‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 75 sur 134 · Villequez, p · texte numérisé non relu

Villequez, p

propose pour modèle : demandez-lui ; il vous dira que c'est par l'étude, le travail et le bon emploi de son temps, qu'il est parvenu à de si hautes fonctions. Comme votre père par les sentiments que j'éprouve pour votre prospérité, je vous recommande vivement à sa protection, à ses conseils ; je le prie de reporter sur vous une partie de cette affection dont il m'honore depuis longtemps. Je crois devoir lui dire que vous en êtes dignes et que, parmi cette jeunesse qui m'écoute, il y a beaucoup d'élèves assidus et studieux.

» Et à vous, je vous dirai : Sachez toujours employer votre temps à l'étude, et songez à ne pas le perdre, pendant vos vacances, en amusements frivoles. C'est en lisant vos livres dans les bois, dans les chemins écartés, que vous vous fortifierez dans vos études. Celle du droit, c'est l'école de la justice, de la probité. Ce n'est pas pour apprendre des subtilités ou la chicane que vous êtes appelés ici, mais bien pour vous instruire de tout ce que l'on doit savoir pour défendre en honnête homme ses intérêts et ceux de ses concitoyens. Je me citerai pour exemple. Voilà plus de soixante ans que, quand j'habite ma campagne, je suis consulté par mes 'paroissiens. Lorsqu'ils me demandent des conseils, je leur dis toujours : Amenez-moi votre partie adverse ; et lorsqu'ils sont réunis, j'arrange leurs affaires, et il n'y a pas eu un procès dans ma paroisse depuis soixante ans. Croyez à mon expérience, mes chers enfants; car, voyez-vous, l'attachement que je vous porte me fait considérer comme votre père » ^

Proudhon venait de terminer la composition de son Traité dio domaine de propriété et de la distinction des biens, et il en corrigeait les épreuves, lorsque les vacances arrivant, il partit une dernière fois pour Chasnans. L'automne fut, comme de coutume, partagé entre les joies de la famille et ses chères études. Le 11 novembre 1838, il regagnait Dijon, accompagné

Page 1