Éloge, p
2. En 1873, l'Académie de législation de Toulouse avait proposé comme sujet de concours une Étude sur la vie et les travaux de ce jurisconsulte. — Voir aussi la Bibliographie citée aux pièces justificatives, n» I.
3. Lorain, son collègue et son successeur ; Curasson, son compatriote et son ancien élève; M. Firmin Lagier, aujourd'hui conseiller à la cour d'appel de Dijon, qui vivait dans l'intimité de Proudhon et était l'ami de ses fila.
Sans doute il n était ni brillant ni disert; sa parole lente et familière, un peu négligée, son accent franc-comtois mal dissimulé, donnaient parfois à son langage quelque vulgarité; mais ses explications étaient si claires et si méthodiques, son argumentation si précise, que ses auditeurs oubliaient bien vite les imperfections de la forme pour ne s'attacher qu'à la pensée. Il faisait saisir, sans le moindre effort et par d'ingénieuses comparaisons, les théories les plus scientifiques et les questions les plus ardues par les intelligences les plus ordinaires. Sans aucune prétention, son but unique, dans ses cours comme dans ses écrits, était de se faire bien comprendre. Sous ses explications tout paraissait facile dans le droit; ses élèves ne comprenaient pas, en sortant de son cours, que l'on pût décider autrement que leur maitre les questions qu'il venait de discuter; pour eux, Proudhon c'était le droit fait homme. Il en était adoré ^. S'il craignait de fatiguer leur attention, il tempérait l'aridité de ses explications par quelque anecdote que l'occasion rappelait à son souvenir et dont il était souvent le héros. ~
et II n'est pas jusqu'à une faute de langage, devenue célèbre dans les fastes de l'Ecole de droit de Dijon et que Proudhon répétait fidèlement tous les trois ans, au môme jour et à la même heure, qui n'ait contribué à sa popularité. ^ n
Jamais Proudhon n'avait pu s'astreindre à suivre la méthode d'enseignement recommandée par le règlement du 19 mars 1807 *. Il pensait qu'elle entraînait des pertes de temps consi-