‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 83 sur 134 · Lagier, p · texte numérisé non relu

Lagier, p

3. « Combien je vous suis reconnaissaut du vif intérêt que vous me portez : un père ne pourrait pas en faire davantage pour son enfant. » (Lettre du 9 janvier 1822.)

témoignages d'une confiance et d'une reconnaissance bien vivement exprimés. ^

Il ne faudrait pas croire, d'ailleurs, que cette rare bienveillance fût personnelle à Proudhon. « Fidèlement imité par ses confrères, nul collège de professeurs ne réunit plus de titres à la reconnaissance des élèves ^ ». Cette pensée, formulée par M. Lagieren 1838, est encore vraie de nos jours, et ceux qui ont fréquenté l'École de droit de Dijon, à quelque époque que ce soit, pourraient, au besoin, témoigner de sa complète exactitude.

Déjà de son temps, Proudhon se plaignait de ce qu'au lieu d'étudier les principes, on ne discutait plus qu'à coups d'arrêts. Il prévoyait sans doute que ce système allait bientôt entraîner la décadence des études sérieuses à laquelle nous assistons de nos jours. Il n'avait certes point oublié que, deux fois déjà, dans l'histoire du droit, un semblable phénomène s'était produit : En 426, sous Valentinien III, par la publication de la fameuse loi des citations, et à la fin du XIP siècle, lorsque Accurse (1182-1260) eut réuni et fondu dans sa glose toutes celles de ses prédécesseurs. De même que, dans le premier cas, l'office de juge était réduit à un compte mécanique d'opinions, ainsi, dans le second, au lieu de s'appliquer à éclairer les textes, les docteurs perdirent peu à peu l'habitude d'étudier les sources elles-mêmes, pour ne compter que l'opinion des glossateurs, sans les peser. ^

Pour juger à quel point Proudhon était hostile aux discussions juridiques reposant uniquement sur l'autorité de la jurisprudence, il faut hre les nombreuses consultations (nous en connaissons plus de trente) qu'il publia de 1806 à 1838. Le

1. Bugnel, d'origine franc-comtoise, devint l'une des lumières de la faculté de droit de Paris. 11 succéda à Grappe, un autre franc-comtois, qui avait éii, on l'a vu plus haut, le concurrent heureux de Proudhon en 1789.

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