‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 91 sur 134 · C'est ainsi que l'appelle Dupin, p · texte numérisé non relu

C'est ainsi que l'appelle Dupin, p

2. Ces détails nous ont été fournis, tant par les notes qui accompagnent YEloge de Proudhon, par M. Lagier, que par les renseignements recueillis de la bouche même de M. Camille Proudhon.

3. Lettre du 6 mai 1809. — J.-J.-Régis de Cambacerès, duc de Parme, prince archichancelier de l'Empire, l'un des rédacteurs du Code civil. On peut voir, dans cette dédicace, l'enthousiasme de Proudhon pour l'Empereur qu'il appelait toujours le Héros.

4. Lettre du a janvier 1808. — Antoine-François de Fourcroy était alors conseiller d'État et directeur général de l'instruction publique. Ses vues ne s'accordant pas entièrement avec celles de l'Empereur, il se vit éloigné lors de l'établissement définitif de l'Université, fut très sensible à cette disgrâce et mourut peu après d'apoplexie, en 1809.

5. Lettre du IQ janvier 1812. — L. Marcellin de Fontanes fut nommé au moment de la retraite de Fourcroy, eu 1808, grand maître de l'Université.

Royer-Collard *, Joseph Droz 2, Cabet ^, Loiseau ^, etc., nous révèle l'estime dont il était universellement entouré. Cette énumération serait plus longue encore, si nous y joignions le nom des hommes distingués qui lui témoignaient leur gratitude et leur admiration en retour de l'envoi de ses ouvages ^, la liste des avocats de mérite qui, de tous les points de la France, lui demandaient conseil ^, celle des journalistes qui réclamaient sa collaboration, ou bien encore, celle des auteurs qui se faisaient un honneur de lui envoyer leurs travaux. "^

i. V. Pièces justif. nos xLV à XLVIII.

2. Lettre du 26 mai 1823. — François-Xat^ier-Joseph Droz, né à Besançon en 1773, d'une famille de magistrats, fut admis en 1824 à l'Académie française, et en 1832 à l'Académie des sciences morales et politiques.

3. Lettre du 1" mot 1831. — Cabet, ancien élève de Proudhon, était alors procureur général près la cour royale de Bastia.

4. Lettre du 28 février 1817. — Jean-Simon Loyseau fut l'un des élèves les plus distingués de Proudhon à l'École centrale du Doubs, En 1807, il acquit une charge d'avocat à la Cour de cassation et se fit remarquer surtout dans l'affaire Fualdès et dans ses plaidoiries pour le général Sarrazin. Son fils est aujourd'hui premier président de la cour d'appel de Besançon.

5. Citons notamment l'archichancelier Cambacérès, le conseiller d'État Berlier; Carnot, conseiller à la Cour de cassation ; Merlin, procureur général à la même cour; Nougarède de Fayet et Chabot, de l'Allier, l'un conseiller de l'Université, l'autre inspecteur général des Écoles de droit; Jouvenet, doyen de la faculté de droit de Toulouse; le grand-duc de Francfort; le comte d'Aboville ; le maréchal Moncey, duc de Conégliano, compatriote de Proudhon ; Gaspard Monge, duc de Peluse, titulaire de la sénatorerie de Liège, membre de l'Université ; Rolland de Villargues ; Royer-Collard ; Grappe ; Delamalle, inspecteur général des facultés de droit; Casimir Périer, Labbé de Pompierre, membres de la Chambre des députés; Seguier, premier président de la cour royale de Paris; les Académies de Besançon et de Dijon; Micaud et Victor Dumay, maires de ces mêmes villes ; Toussaint, conservateur de la bibliothèque de Dijon ; Dupin et Sauzet, présidents de la Chambre des députés; Persil, garde des sceaux; Guizot, ministre de l'instruction publique, etc.

6. Le 12 avril 1824, Grappe demandait à Proudhon son avis sur une question d'usufruit qu'il n'avait pas encore traitée. Sa consultation devait être lue à la Cour de cassation. — Le 10 septembre 1825, un avocat de Marseille lui écrivait, en lui adressant un mémoire dans lequel ses opinions avaient été invoquées : « Je ne pouvais m'étayer d'une meilleure autorité. » — En 1835, le lieutenant-général baron Lallemant, pair de France, le consultait sur une question de compétence de la Cour des pairs, etc.

7. En 1825, M. Isambert lui envoyait son Traité sur la voirie urbaine et

L'affection, née à la suite d'échanges de cette nature entre Toullier, doyen de la faculté de droit de Rennes, et Proudhon occupe une trop grande place dans leur existence pour qu'il soit permis de la passer sous silence. La lecture de leur correspondance, dont M. Lagier publia presque tout ce qu'il put recueillir *, donne à merveille le caractère de ces deux grands jurisconsultes et fait ressortir, avec la délicatesse de leur esprit et la bonté de leur cœur, les nombreux traits de ressemblance qui existent entre eux. Autant qu'on peut le croire, cette correspondance fut provoquée par Proudhon et voici à quelle occasion :

Le maire de Dijon ^, le général Veaux ^, un ancien direc-

rurale; en 1836, les neveux de Carnotlui adressaient, pour remplir les intentions de leur oncle, un exemplaire de la seconde édition du Commentaire sur le Code pénal, publié par eux après la mort de l'auteur ; en 1838, Dupiu lui faisait hommage de ses Discours et Réquisitoires, et Berlier du Précis de sa vie politique écrit par lui-même, avec cette dédicace : « Au savant M. Proudhon, doyen de l'École de droit de Dijon, l'un des hommes que je vénère le plus. »

1. Un grand nombre de lettres de Proudhon ont été détruites, dans l'hiver de 1835 à 1836, par une crue de la Vilaine, qui renversa la maison de campagne où Toullier les avait déposées. Nous devons regretter tout particulièrement la perte de celle dans laquelle il racontait à son ami sa destitution en 1815. La préface du huitième volume de Toullier, que nous avons citée plus haut, en fut la conséquence. Deux lettres, parmi celles qui ont été conservées, n'ont pas été reproduites par M. Lagier. L'une d'elles, de Proudhon à Toullier, contient des réflexions sur l'ordonnance du 5 juillet 1820, relative au règlement des Écoles de droit; la seconde, de Toullier à Proudhon, renferme une curieuse appréciation sur la composition de l'École de Paris en 1821. Nous les donnons aux Pièces justificatives, no^ LIV et LV. Nous devons ajouter qu'il a été retranché, de plusieurs autres lettres, quelques passages contenant des appréciations peu bienveillantes sur certains professeurs contemporains.

2. Étienne-Nicolag-Phiiibert Hernoux, né à Saint-Jean-de-Losne le 30 octobre 1777, mort à Dijon le 17 février 1858, était avocat. Adjoint de 1811 i 1813, il accepta les fonctions de maire pendant les Cent-Jours ; élu député en 1817 et en 1822, il siégea toujours parmi l'opposition la plus avancée. Réélu en 1829 et en 1830, il prit part aux événements qui mirent la couronne sur la tête de Louis-Philippe. A cette époque, il fut replacé à la tête de l'administration municipale de Dijon et y resta jusqu'en 1837, Le 8 mars 1848, cédant aux sollicitations de ses concitoyens, il reprit les fonctions de maire qu'il garda jusqu'au mois de février 1849.

3. Antoine-Joseph, baron Veaux, né à Seurre le 18 septembre 1764, mort

teur des contributions directes * et un ancien conseiller de préfecture de la Côte-d'Or 2, étaient traduits devant la cour d'assises de ce département sous la prévention d'avoir conspiré, dans le but de renverser le gouvernement et de changer l'ordre de successibilité au trône. On reprochait notamment aux accusés d'avoir favorisé le retour de l'île d'Elbe, excité le maréchal Ney à la trahison et embauché des partisans pour l'Empereur, en distribuant gratuitement du vin et des liqueurs 2. Proudhon, qui s'intéressait aux accusés, pria Toullier de lui faire parvenir les mémoires publiés à Rennes, peu de temps auparavant, pour la défense du général Travot, inculpé de faits analogues. ^

Ces relations ainsi commencées amenèrent bientôt entre les deux doyens, injustement frappés d'une même disgrâce, une estime réciproque, qui ne se démentit jamais.

C'est ainsi qu'en 1818 Proudhon adressa à son ami, qui le lui avait demandé ^, le récit complet des incidents ayant motivé sa révocation. On connaît la page, devenue historique dans les annales de l'Ecole de droit de Dijon, qui fut la réponse à cette communication. En envoyant à Proudhon le

à Dijon dans la nuit du 23 au 24 septembre 1817. Engagé volontaire en 1785, il prit part à une série de campagnes où il se distingua; le 10 mars 1797, il était nommé général de brigade. De 1809 à 1814, il commanda le département de la Côte-d'Or; mis en non-activité par les Bourbons, il alla au devant de Napoléon en 1815 et fut nommé général de division. Mais ce nouveau grade ne fut pas reconnu par le roi.

Page 1