Merlin, Répertoire, v» Domicile, § 5, n
séparée de corps, à le droit de choisir un domiciie légal autre que celui de son mari. '
Le chapitre le plus intéressant est celui qui est relatif à Vabsence, c'est-à-dire à l'état de ceux qui ont quitté leur domicile et dont l'existence est devenue incertaine, quelle que soit, d'ailleurs, la cause de leur départ. On est étonné de la netteté et de la précision avec laquelle l'auteur expose et commente des principes entièrement nouveaux. Ici encore son esprit judicieux a devancé et prévu les solutions que la jurisprudence devait adopter plus tard.
Après un exposé sommaire des règles de la parenté, de l'alliance et de leurs effets, Proudhon étudie la théorie du mariage, qu'il définit U7ie association légitimement contractée entre l'homme et la femme, emportant tradition mutuelle de leurs facultés naturelles, avec promesse d'assistance et de fidélité réciproques. ^
Au moment où l'auteur écrivait, les questions de nullité et d'empêchement au mariage n'avaient pas encore été étudiées comme elles l'ont été depuis ; et s'il existait quelques lacunes à ce point de vue dans le texte primitif, M. Valette les a largement comblées par ses savantes dissertations. Ce chapitre contient aussi une étude sur la nature du mariage et les moyens par lesquels il se dissout. Proudhon s'efforce, a ce sujet, de justifier avec une complaisance qui étonne chez un homme sincèrement chrétien, la dissolubilité de ce contrat. C'est comme un préambule à l'étude du divorce. S'il en était besoin, il serait aisé de réfuter cette théorie, dont a fait justice la loi du 8 mai 1816.
Dans le second volume, l'auteur traite successivement de la paternité et de la filiation, de l'adoption, de la tutelle officieuse.
1. Pothier décidait déjà ainsi dans son Inlrod. gén, aux Coutumes, n» 10.— Voir également Bouhier, Comment, de la coutume de Bourgogne, oh. ii, no 201. — Valette sur Proudhon, t. I, p. 224. — Toullier, t. Il, n» 273. - Demolombe, t. I, n° 358; Orléans, 25 nov. 1858.