Acte 1*% scène V
.LOPI Dl VISA.
De deux beaax bras où l'on s'eulace ?
Pour qui lo soloil produil-il L'or de ses rayon», et la lune L' argent, e( ]es mers du Brésil La 'perle fine, blonde ou brune ?
Pour qui, produit plus merveilleux, Mille pierres empruntent-elleB Aux chires étoiles des cieux Leurs couleurs et leurs étincelles?
Pour qui tous ces divins travanx?
Jusqu'aux vers donfl'^t se déploiel Ils font des cocons leurs tomLeaux D'où va ressusciter la soie, Pour TGvStir ce corps charmant Auquel nous devons notre vie....
rc loiimaal directement vers Frédéi-ie, cl lui pri ie parle sérieusement,- Ëcoute-moi bien, je te prie, Frédcric! je veux, de cojour.
Que tu cherches avec constance Un digne objet à ton amour, De haute ou bien d'humble naissance; N'importe I il faut s'y conformer; Je le jure sur ma couronne Et par Dieu ! nul près de mon trâne Ne pénétrera sans aimer I Car je suis convaincu qu'un homme Qui n'a pas aimé, ne saurait Être ni loyal ni discret.
Et ne peut être un gentilhomme l Et, quand je te parle d'amour.
C'est, vois- tu, d'un amour honnête Qu'on puisse montrer au grand jour, Et non d'une folle conquête Qui met au niveau de la bête Celui qui change tour k tour.
Tu m'as donc bien compris?
oh! si les femmes ne voyaient pas. 27T
FRÉDÉRIC
Oui, sire!
Dès aujourd'hui je chercherai, Si je trouve, alors j'aimerai. —
{A part :)
A peine, hélas ! si je respire ; Pourquoi chercher, quand j'ai trouvé ?
lel aimable empereur I et comme ce caractère courtois evaleresque excuse bien les craintes du pauvre Fré- ; I Mais il compte sans la curiosité, ce défaut si parable, que Dieu, en nous donnant la vue, a mis à sa ïsition le plus beau de nqs organes,— Isabelle, vêtue en inne, est revenue dans la forêt avec Flora et un vieux teur pour voir cet empereur , défendu ; Othon , resté
la rencontre; frappé de sa beauté, il se fait passer
un simple seigneur de la cour, et lui adresse déjà ndres compliments auxquels elle échappe par la fuite ;
le vieil intendant, retenu par l'empereur, lui dévoile ng et le nom de son père ; et voilà Othon résolu à îr la nuit chez ce gentilhomme disgracié. Jugez de ; du jaloux Frédéric à la nouvelle de cette décision 1 mpagner l'empereur jusque dans la demeure du duc vio, c'est amener, soi-même, le loup dans la bergerie ! dira-t-il lorsqu'il saura que ce n'est pas le destin
doit accuser, mais la curiosité d'Isabelle qui lui a béi? Et il le saura bientôt, car à peine l'empereur a-t-il onné au duc , qu'il raconte son aventure à Frédéric et large de plaider sa cause auprès de cette charmante it qu'il aime déjà et qu'il est tout disposé à adorer, h ! perfide ! dit alors tout bas Frédéric à la coupable, uelle faute ai-je faite?— Demande-le aux chênes sous brage desquels tu as vu César. Quelle trahison I — le folle jalousie I
278 LOPE DE VBGA.
Ici se termine le premier acte ; au second, nous sommes à Naples , et le duc Octavio, rentré' en grâce, est revenu à la cour; Tempereur ne lui a pas seulement pardonné, il lui a rendu ses richesses et Ta attaché à sa personne : aussi partout on attribue la cause de cette soudaine faveur à l'amour que Tempereur a pour la fille du vieux duc. Frédéric a beau la défendre, les courtisans sourient, et le comte Alexandre, entre tous, désire autant que lui que le cœur de Tempereur ne soit pas engagé, car lui-même est amoureux de la belle Isabelle. Voyez ce que c'est que la curiosité ! que de dangers elle attire 1 Isabelle, au lieu d*un amoureux, en a déjà trois ; qui sait jusqu'où le nombre en montera ? Il est vrai que Frédéric lui rend la justice de n'être jaloux que de l'empereur; aussi reçoit-il, avec un sourire moqueur, les confidences du comte Alexandre; qui lui peint son entrevue dans le* gracieux madrigal que nous allons citer.