‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 37 sur 103 · ALEXANDRE ET FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

ALEXANDRE ET FRÉDÉRIC

ALEXANDRE

Près de ce ruisseau je la vis, un soir, De Flora suivie, un moment s'asseoir

Sur le gazon vert de la rive ; Sa douce présence éveilla les fleurs Qui, voulant lutter avec ses couleurs,

Prirent une teinte plus vive.

Avec la ligne qu'elle avait

De quelque pêcheur empruntée.

Chaque poisson qu'elle prenait

Semblait une étoile argentée.

Mais toujours il se débattait!

J'osai lui dire alors : Madame,

Vous ne péchez que des ingrats ;

* Acte 2*, scène P".

oh! si les femmes ne voyaient pas. 279

Si tout poisson était une âme, Bien vite il serait dans vos bras.

FRÉDÉRIC

Charmant !

ALEXANDRE

Vous riez 1

Beau spectacle !

J'aimerais à voir ce itiiracle!

Les âmes des beaux amoureux, Pendant en l'air, comme des tanches, A l'hameçon de deux mains blanches, A l'amorce de deux beaux yeux.

ALEXANDRE

Hélas ! bientôt le jour s'enfuit Et l'ombre vint, car Isabelle Partait... le soleil avec elle, Et tous deux nous laissaient la nuit !

Les eaux se troublèrent ; L'écho semblait triste et perclus ;

Les fleurs se pâmèrent Et les oiseaux ne chantaient plus !

Non , ce n'est pas ce langoureux personnage qui iniète Frédéric; mais il songe aux dangers qu'offrent à la rlu l'araour d'un souverain, les tentations de la richesse de la puissance. Il exprime son trouble et ses inquiéies dans le sonnet suivant :

FRÉDÉRIC, seul*.

ir fêter ses amours l'oiseau dans la ramée, ant étourdiment sa chanson aux échos.

Page 1