SONNET^ RELIGIEUX
Divin époux, beauté du céleste séjour, Tête d'or aux cheveux tout baignés d'aromates, Beau palmier couronné de feuilles et de dattes, Qui ne t'a pas aimé ne connaît pas l'amour !
Ta parole est un lis qui parfume le jour,
La paume de tes mains a gardé les stigmates.
Sceaux de l'éternité, jacinthes écarlates,
Et ton beau cou d'ivoire est rond comme une tour I
Ilélas ! en t'oubliant, beauté que rien n'altère, Qu'ai-je fait? j'ai goûte les amours de la terre; Mais j'en jette aujourd'hui la coupe avec effroi.
Oui! pour mieux regagner les relards que je pjeure, Je veux, en me hâtant, t'aîmerplus en une heure Que je n'ai pu le faire en vingt ans loin de toi.
No sabe que es amor quien no te ama, Celestial hermosura, esposo bello; Tu cabeza es de oro, y tu cabello Como cl cogollo que la palma enrama ;
Tu boca como lirio, que derrama Licor al alba ; de marfil tu cuello ; Tu mano el torno, y en su palma el sello, Que el aima por disfraz jacintos llama.
i Ay Dios I i en que pensé cuando, dejando Tanta belleza, y las mortales viendo, Perdi lo que pudiera estar gozando?
Mas si del tiempo que perdi me ofendo Tal prisa me daré que un hora amando Yeni^a los anos que pasé iingiendo.
Si mon amour était un feu de vérité, 11 monterait tout droit à ta divine sphère ; Mais c'est une comète, hélas ! qui court légère. Brille, et bientôt retombe en son obscurité.
Par combien de désirs vers toi je suis porté, Quand tout tremblant je vois ma profonde misère ! Si mon amour en toi rarement persévère. Quel asile ici-bas sera ma sûreté?
Je m'en vais te cherchant, et, quand je te rencontre. Quand pour me recevoir ton cœur s'ouvre et se montre, Doux Agneau, je m'enfuis et n'y sais pas rester.
Pourtant, dis-moi, Seigneur, si l'âme, saine et libre. Sans un centre ne peut trouver son équilibre ? Si je suis hors de toi, comment puis-je exister?
Si fuera de mi amor verdad el fuego, El caminara â tu divina esfera; Pero es conieta que corriô ligera Con resplandor que se deshizo luego.
i Que deseoso de tus brazos llego Cuando el temor mis culpas considéra!
Mas si mi amor en ti no persévéra i En que ccntro mortal tendra sosiego?
Voy a buscarte, y cuanto mas te encuentro, Menos reparo en ti, Cordero manso, Aunque me buscas tù del aima adentro.
Pero dinie, Sofior : si hallar descanso No puede el aima fuera de su centro, Y estoy fuera de ti , i cômo descanso ?