ACTE PREMIER, SCÈNE IL
Décoration de rue.
THÉODORA, BELiSÀ sa nièce (dans le fond), lisardOi amoureux de Relise, et son ami riselo.
THEODORA
Un peu de modération, Relise, un peu de modestie 1
^ A Madrid, du temps de Lope de Vega comme de nos Jours, le ÊÊ^ Jouait un grand rôle dans la guérison des maladies féminines.
l'eàU ferrés de MADRID. 295
Marchez plus en cérémonie, £t faites bien attention De ne regarder que la terre Sur le chemin que vous foulez.
BBLISE.
Je fais tout ce que vous voulez.
THEODORÂ.
Pourquoi, si vous voulez le faire, Regarder cet homme?
BELISE.
Pourquoi?
Mais il est fait, sans aucun doute.
De terre, ainsi que vous et moi.
THEODORA
Sotte ! c'est le sol de la route Où vous marchez...
BELISE.
Ma tante, il est Tout entier caché par ma jupe ; Gomment donc le voir ? s'il vous plait.
THEODORA
Innocente 1 qui me croit dupe.
Mais, par ta part du paradis.
Je déjouerai toutes ces ruses...
Bon ! voyez les belles excuses I
Elle regarde encor... •
BELISE.
Moi?
THEODORA
Dis
Un peu non; tu viens de lui faire
Des signes.
BELiSB, faisant un faux pas.
J'ai manqué de cheoir !
Aussi ! vous venez me distraire Par des sermons...
{En regardant autour d'elte,)
Je voulais voir S'il se trouvait une bonne âme...
RiSELO à Lisardo* Allez, et donnez lui la main.
LiSÂRDo, offrant (a main à Bêtise.
Excusez le gant, belle dame !
BELISE.
Sans vous je tombais, c'est certain.
THEODORA
Voilà quelque chose d'étrange !
LisARDO à Bêtise,
On verrait du ciel radieux,
Si vous tombiez, tomber un ange,
Ou bien une étoile des cieux.,,
THEODORA, interrompant Lisardo et se mettant entre lui et Belise»
De moi, monsieur, faites-vous compte?...
Que Dieu vous accompagne... allez !
LISARDO.
Dieu vous garde ! (à part) et m'ôte la honte D'ouïr vos sermons endiablés...
{Us s'éloignent»)
THEODORA à Belise.
Eh bien ! te voilà bien contente Qu'un homme t'ait donné la main.