‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 55 sur 103 · COMTESSE, DONA CONSTANCE, DONA INÈS, DDRANGO · texte numérisé non relu

COMTESSE, DONA CONSTANCE, DONA INÈS, DDRANGO

LA COMTESSE

«z la voiture ; elle va nous laisser >us irons à pied.

DORA CONSTANCE

Mais pourrons-nous passçr?

z donc quelle foule encombre la jetée.

DONA INÈS

s'écartera...

la scène arrivent la comtesse de Flor, avec un manteau galonné t un chapeau à plumes, dona Constance et dona Inès avec des petits laux et des chapeaux, ^ enfin Durângo, écuyer de la comtesse.

DONA CONSTANCE

Quelle vue enchantée I

LA COMTESSE

e douce fraîcheur !

364 LOPJB DB VBâA.

* DONA INÈS

La mer a des flots d'or !

Le beau jour de saint Jean la rend plus belle encor.

DURANGO

Les Maures bien souvent choisissent ces journées Poui^ montrer sur la mer leurs faces basanées .

lA COMTESSE.

Vous pouvez en parler sans doute àavamment.

DURANGO

Je suis bien assez vieux pour le savoir, vraiment ; Je les ai vus en fête, et plus souvent en guerre, C'est pour cela qu'on fait une garde sévère Au Grao ; c'est pour eux que Ton voit, dans ce jour, Ces brillants officiers qui veillent à l'entour ; C'est qu'ils osent souvent s'approcher de Valence , Jetant à nos soldats des cris pleins d'insolence.

Que j'aime à voir glisser ces barques sur la merl

« DONA INÈS

Leurs ailes de couleur se balancent dans l'air ; Quelle variété 1

LA COMTESSE

L'eau semble nous sourire.

DURANGO

Un bon vin dans lequel un beau jambon se mire Sourit mieux à mon gré.

DONA INÈS

Vous parlez en buveur.

DDBANGO.

rire des flots est bien souvent trompeur ; uand le vin sourit, il est plein de franchise, ire le cœur, et de gaîté nous grise ; a-t-il jamais fait sombrer des vaisseaux? it-on réduire une escadre en morceaux ?

LA COMTESSE

c m'asseoir ici, cette place est unique.

DONA CONSTANCE

tez les coussins !

page apporte des coussins et toutes les dames s*a5-'soient.

DONA INÈS

Ce site est magnifique

le dans la mer en presqu'île s'étend.

DDRANGO.

État barbaresque apparaît en avant.

LA COMTESSE

iirra cette nuit voir danser sur les ondes mières d'Alger les lueurs vagabondas.

DONA INÈS, à Durango,

DURANGO

z-vous nous parler de ce pays aussi?

DURANGO

f suis quelquefois promené comme ici.

366 LOPB DK VB6A.

DOUA rata* ' Eh 1 quoi 1 dans votre sang ayez-vous du Éang mtofe?

Morbleu! je suis chrétien, et de Burgos encore...

(Ifofifranr l'horizon.)

J*y fis certains séjours pour y voir quelquefois Des combats de taureaux, pendant deux ans ou tftÔM Que j'eus ma place à bord des galères d'Espagne.

DONÀ rais.

Pour un délit?

DURANGO

Allons I la malice vous gagne ; Pigeon, le capitaine, était de mes parents.

DOUA Diis.

Chose étrange, ma foi.

DURANGO

Du diable, si je mens.

DONA INÈS

Si le seigneur Pigeon est de votre famille, Vous devez être doux et d'humeur fort gentille.

DUBAN60, faisant des signes avec la main du côté de l'horizon.

Bougie, Alger, Tunis sont là de ce côté ; Mostagan est devant ; après avoir quitté Oran, vous arrivez à Bocmar et Melille.

{S'interrompant pour montrer ce qu'il décrit,)

Fez est dans l'intérieur... Tenez ! le soleil brille Sur le fameux détroit qu'on nomme Gibraltar 1

DONA INÈS

Du pays des guenons êtes-vous, par hasard * ?

DCRAPiGO, piquée

J'ai parlé d'autres fois à de nobles personnes Qui de comtes portaient comme vous des couronnes, Et l'on me répondait un peu plus en égal ; Je servis en Castille ainsi qu'en Portugal.

DONA INÈS, souriant.^ Je n'eus pas en parlant dessein de vous déplaire.

LA COMTESSE, à Duranço,

C'est se hâter beaucoup de se mettre en colère Pour vous qui vous vantez d'être un fin courtisan, Surtout un si beau jour, un matin de saint Jean.

DURAN60

Si c'est pour plaisanter, je n'y vois plus d'offense.

DONA CONSTANCE

Un carrosse rempli de musiciens s'avance.

(On entend au dehors de la musique et des chants*)

Ils longent le rivage et vont près de la mer

Pour que leurs chants joyeux résonnent mieux dans l'air.

(On entend chanter derrière le théâtre,)

De saint Jean c'est la fôte

Éveillez-vous , Comme lui soyez prête

Au rendez-vous.

A On sait que sur la montagne de Gibraltar, il y a une colonie de singes, dont Texistence a duré jusqu'à nos jours.

n lour redit la mélodie.

C'est l'écho qui comme eux à chanlor s'éliidio.

Je auis prft k danser, et ces airs variés Viennent me chatouiller sous la plante des pieds,

[On cAonfflij

Femme, enlGnâez-mus

Sur les Onti jaloux

Itfllenlir les rames

Qui brisent les lames?

Le Tent est si doux.

Que la mer coqoette

Sourit et rousjetta Un rendei-vous.

Chanter toujours de l'eau! j'aime mieux, en revanche,

Avec mes dents ramer dans une large tranche

De jamhon arrosé d'un bon vin pétillant ;

L'eau ne mérite pas l'honneur d'un si doux chant.

Voici des cavaliers en galante parure 1 Quelques-uns à cheval.

Do:fA USES.

Courront-ils ?

DONA CONSTANCE

On assure Que non.

LA COMTESSE

J'en reconnais quelques-uns.

DONA CONSTANCE

C'est don Luis, Ce charmant cavalier tout habillé de gris ; Don Francesco c'est l'autre aux couleurs violettes.

Quel est l'autre plus loin qui porte des bouffettes D'un si vif incarnat?

DONA INÈS

C'est don Dioniso !

Et de Tautre côte le galant Alonzo Aux rubans couleur paille.

DONA CONSTANCE

On voit bien qu'il hérite.

LA COMTESSE

L'autre a pris le grenat, ma couleur favorite.

DONA INÈS

Est-ce un bruit de clairon qui résonne dans l'air ?

DURANGO

Oui ; nous allons donc voir les Maures sur la mer.

LA COMTESSE

Durango, que dis tu?

Que votre seigneurie Se rassure, ih sont loin ; et notre artillerie Les cmpCchera bien de venir jusqu'ici.

Tous les ans, la Saint-Jean les voit venir ainsi.

Les héves. On aperçait sar mer, dans le Inintaîn, deui ftâgates remplies do Maures. Bruits de irompetics.

Oh '. bons petits chrétiens qui venei chaque année

Céléhrer de saint Jean la belle matinée,

Je suis Selim qui fus prisonnier d'im chrétien.

De ceux que Mahomet a nommés flls de chien ;

Je reviens de Maroc tout exprès pour vous dire

Que malgré vos fusils j'ai pu, sur un navire.

Et grâce à Mahomet, m'échapper de prison 1

En partant je vous ai volé votre rançon ;

Je vaux sis cents ducats, vous en auriez eu mille I

Venez donc les chercher jusqu'en mon domicile I

Quant aux bons traitements que chez vous j'ai reçus,

Voilà pour les payer,... Allons, faites chorus,

Mes amis, jouons-leur un air de régalade

Avec le gai refrain de notre fusillade.

{TOUS les Maure) en ciraitl des coups de fusil.}

Oh 1 les gueux de chrétiens, les gueux, les vils bâtards 1 Les gueux, les gueux, lus gueux, les lâches, les vantardsl

Page 1