‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 7 sur 103 · EL CASAMIENTO EN LA MORTE · texte numérisé non relu

EL CASAMIENTO EN LA MORTE

(Le mariage dans la mort.)

Ces deux drames n'en font réellement qu*un, car le premier finit par une promesse qui ne se réalise pas et dont la rupture amène le déneûment du Mariage dans la mort. Mais entrons de suite dans l'analyse.

Alphonse le Chaste règne en Espagne et n'est pas disposé à donner un héritier à sa couronne; sa sœur dofia Ximenès a une liaison secrète avec don Sancho Diaz, comte et seigneur de Saldana.

Don Rubio, son ennemi, dénonce au roi cette intrigue et l'amène sous le balcon de dofia Ximenès au moment où don Sancho Diaz emporte dans ses bras un fils, le fruit de ces amours illégitimes. Le roi se découvre, dissimule son courroux, promet à don Sancho de le marier à sa sœur, prend l'enfant, donne au père une mission pour un des châteaux-forts de la frontière avec une lettre pour le gouverneur.

Cette lettre est un ordre de jeter le comte dans un cachot après lui avoir fait crever les yeux.

L'enfant, élevé par les ordres du roi dans la maison de don Rubio l'ennemi de don Sancho, doit ignorer toujours le nom de ses parents.

Dofia Ximenès a été jetée dans un monastère.

Mais Bernardo est à peine adolescent que son esprit hardi, téméraire, orgueilleux se développe ; une haine instinctive l'agite contre don Rubio ; et le nom de bâtard qui lui est souvent jeté à la figure, le fait entrer dans des accès

de colère dangereux pour tout ce qui l'entoure. De tous côtés les plaintes arrivent à don Rubio, qui ne peut ployer ce caractère de fer. Un jour, il prodigue lui-môme k Botnardo les noms d'aventurier, de fils de paysan, de bâtard ; le jeune homme tire son épée et le comte Rubio serait obligé de se défendre, si on n'annonçait l'arrivée du roi qui, après s'ôtre fait rendre compte de la querelle, les réconcilie, et emmène Bernardo à la cour.

Il l'arme chevalier et l'appelle son neveu ; c'est un titre que les rois donnaient à ceux mômes qui n'étaient pas leurs parents, mais il n'en éveille pas moins l'ardente curiosité du jeune homme. — Puisque vous me donnez le nom de neveu, dites-moi quel est mon père. — Sachez que vous êtes bien né et que cela vous suffise pour le moment.

Question et réponse sur lesquelles roule tout l'intérêt des deux pièces dont nous nous occupons ; curiosité ardente et impétueuse de Bernardo, réponses ambiguës du roi, et promesses à chaque instant rompues. Le jeune homme, pour obtenir le secret de sa naissance, savoir quels sont ses aïeux et efïacer cet odieux nom de bâtard, fait les actions les plus éclatantes, et, à chacune d'elles, demande comme récompense le nom de son père; et toujours le môme refus. Il prend sept châteaux et parmi ces châteaux l'importante forteresse de Carpio. Le roi lui permet d'ajouter le nom de Carpio à son nom de Bernardo, mais il dit : Plus tard, plus tard ! quand il lui demande quel est son père.

C'est qu'en donnant sa sœur dona Ximénès au comte de Saldaila, père ignoré de Bernardo, le roi ferait de ce fils un héritier de sa couronne, et tel n'est pas son projet, il prétend la laisser à don Ramiro, un autre de ses neveux.

Un jour le roi présente celui-ci à sa cour et le fait asseoir à sa table; Bernardo veut prendre aussi place aux côtés du roi. — Ne suis-je pas votre neveu comme lui? dit-il;

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