SCENE IV
Lbb MâMBB, MOINS LAURENGIO.
DON JDAN.
Bien que pauvre, il parait que j'ai quelque crédit.
LA COMTESSE
Vous avez fasciné le sort, sans contredit ;
N'ayant rien, vous donnez plus qu'on ne vous demande.
DON JUAN
C'est vrai I j'aime à donner 1 mais ma joie est plus gran4â Sifje donne encor plus qu'on ne m'a demandé.
LA COMTESSE
Le destin doit alors êtrejrépriraandé ;
Si parmi les puissants il vous avait fait naître...
DON JUAN
Le contraire est écrit, cela ne pouvait être ; Je sens que j'étais né pour un sort plus heureux, Mais le destin s'est^mis au travers de mes vœux.
LA COMTESSE
Le destin n'est si fort que lorsqu'on est timide.
{La- comtesse et don Juan au fond du théâtre,)
GERMAIN, à dona Constance.
Que nous cachez-vous donc sous ce voile perfide, Madame ? est-ce une duègne au visage un peu mûr, Ou bien une pucelle au cœur timide et pur ? Ne pourrai-je obtenir, en plaidant bien ma cause, . (EU ou m^in, pied ou jambe, en un mot quelque chose?
DONA CONSTANCE
Que voulez-vous de moi ?
Considérer vos traits De face ou de trois quarts, de loin ou bien de près.
DONA CONSTANCE
Je crois me souvenir que votre seigneurie
Hier était laquais.
GERMAIN, piqué.
Remarquez, je vous prie, Que si j'étais laquais, j'avais toujours un cœur Auquel d'autres daignaient montrer quelque faveur, D'autres qui vous valaient ou valaient mieux, je gage, Sans avoir, comme vous, tant de soie au corsage.
DONA CONSTANCE, iui tendant la main»
Tenez ! voici ma main.
GERMAIN, ta prenant,
Tudieu ! quelles odeurs !
C'est une cassolette, un vrai parfum de fleurs ! Mais souvent ces emprunts d'odeurs artificielles Ne servent qu'à cacher des odeurs naturelles.