VI. Genre Allurus MICHAELSEN ex EISEN
Dans le genre Alurus les faisceaux musculaires buccaux sont situés par masses au nombre de cinq ou six dans autant de segments (fig. 69).
Ils sont donc une disposition un peu analogue à celle décrite chez Alolobophora Hermanni. L'anatomie comparée du muscle buccal à un intérêt biologique spécial. En effet, moins le muscle buccal est différencié plus le Ver est bon canalisateur.
Les espèces dont les faisceaux musculaires sont groupées en plusieurs masses distincies sont toutes des espèces sédentaires : ex. Allurus, Allolobophora Hermanni. Disons, en parlant de cette espèce, que par son mode de vie aquatique, son anatomie typique et la disposition de son système circulatoire, A7 Hermanni présente des caractères ancestraux ou de régression définis. |
CLITELLUM.
Quelques auteurs se basant sur la description histologique du chtellum fait par CLAPARÈDE (60,62, 69) ont décrit deux couches supplémentaires inlercalées entre l’épiderme, et les muscles
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circulaires, la première c’est la couche en piliers, la deuxième c'est la couche vasculaire.
Si on examine les téguments à la partie dorsale ou ventrale du cltellum, celte disposition varie énormément. |
C'est ainsi que dorsalement la première assise cellulaire extérieure de l’épiderme est semblable à celle du reste du corps; elle est néanmoins plus glandulaire à cette partie qu'ailleurs.
La deuxième est formée de grosses cellules en forme de bouteilles, dont le col atteint la cuticule ; ce sont ces cellules qui sécrètent la matière dont est formé l'anneau nuptial dont nous avons parlé (1897).
Le noyau est ordinairement placé tout près du sommet de la région renflée des cellules. D’autres cellules de soutien avec des soies très allongées forment la charpente du tissu, qui est très richement vascularisé; à la base des cellules en piliers existe parfois une sorte de calotte qui envoie un prolongement dans la couche des muscles circulaires.
Ce prolongement est innervé. — Cette disposition peu visible sur cerlames espêces l’est surtout chez AZlolobophora rosea et Atllolobophora trapezoides.
(Coloration simultanée à l’hématéine et à l’éosine, fixation à l’acide osmique et au nitrate d'argent.
La cavité du corps (cavité périviscérale) est considérable surtout au niveau du clitellum.
La segmentation externe correspondant à la segmentation interne ; la cavité du corps est divisée par des cloisons qu'on appelle cloisons intersegmentaires (dissépiments). Ces cloisons sont incomplètes autour de la chaîne nerveuse et des vaisseaux longitudinaux, de sorte que la cavité du corps est composée par autant de compartiments qu'il y a de segments; chacun de ces compartiments communique avec ses voisins par des espaces ouverts autour de la chaîne nerveuse et des vaisseaux longitu-
dinaux.
Ces cloisons intersegmentaires ont été appelées par des auteurs dissépiments; chez certaines espèces ces dissépiments sont perforés surtout au point d'attache des léguments.
La cavité du corps est remplie d’un liquide que nous éludierons plus loin, et qui circule au travers les ouvertures des dissépiments; ceux-ci sont plus ou moins considérables suivant les genres.
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DISSÉPIMENTS.
. Dans le genre ZLuwmbricus ces dissépiments ne sont pas considérables. Ils viennent s'attacher d’un côté sur la couche des muscles longitudinaux, et de l’autre à l'intestin, mais il est à remarquer qu'à leur point d'insertion aux parois du corps, ils sont beaucoup plus développés qu'aux environs du tube digestif.
. L'élude histologique, très délicate sous tous les rapports, nous montre qu'au point d'attache du corps ces fibrilles musculaires sont disposées longitudinalement au plan du dissépiment ; elles semblent prendre naissance à la partie inférieure des muscles longiludmaux dont elles sont le prolongement. Je reviendrai du reste là-dessus dans Îa suite.
J'ai dit qu'aux environs du tube digestif, ces dissépiments étaient plus considérables. À ce niveau, entre les fibrilles longitudinales, on constate sur les côtés du dissépiment de nombreux noyaux el à la partie centrale du muscle de nombreux petits vaisseaux. :
Au point où ces dissépiments s’atlachent aux organes génilaux, ils deviennent plus considérables et les noyaux que j'ai mentionnés sur les bords du dissépiment se trouvent ici à l’intérieur de la masse musculaire qui est vascularisée par de nombreux vaisseaux (très fins, très ténus.
Quant à la disposition générale de ces dissépiments, elle varie suivant les régions du corps ; ceux de la région antérieure, quoique s’insérant au niveau intersegmentaire, sont refoulés à l'arrière par les organes génitaux ou par l'allongement des parties du tube digestif auxquels ils s’atlachent ; ceux qui se trouvent situés dans la région postérieure à la région génitale sont presque verticaux (E. PERRIER).
On a dit que les deux faces du dissépiment ainsi que la paroi interne du corps et de tous les organes sont recouverts de cellules péritonéales (fig. 49 à 53) qui peuvent se transformer en cellules chloragogènes el en cellules de soutien des néphridies; l'étude comparée de ces éléments histologiques et de ces cloisons offrent de grandes varialions (fig. 9).
Je crois en effet que lous ces éléments ont la même origine, mais il ne faud'ait pas confondre l'origine de ces éléments avec le
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procédé de formation de chacun de ces éléments qui varie sur un même animal comme on le verra plus loin.
De plus, sur le dissépiment il ne faut pas confondre ces éléments que nous étudierons dans la suite avec les faisceaux de muscles circulaires des dissépiments.
Il est rare que ces dissépiments aient un tissu chloragogène analogue à celui des organes excréteurs.
De plus, des faisceaux de muscles circulaires de ces dissépiments sont disposés un peu différemment selon les espèces ; c’est ainsi que chez Lwmbricus herculeus ils sont peu visibles et généralement disposés sur la face postérieure du dissépiment ; la partie ventrale de ces dissépiments ne possède pas de muscles circulaires, mais seulement des fibrilles longitudinales nombreuses, innervées par des fibrilles nerveuses provenant de la chaîne ventrale; on y remarque de plus des vaisseaux secondaires provenant du vaisseau sous-intestinal.
Dans certaine partie du corps, à l'avant par exemple, ces muscles circulaires sont contenus dans une gaine de fibres longitudinales.
En résumé, dans le genre Lumbricus les cloisons intersegmentaires (dissépiments) sont très ténues et peu différenciées (fig. 9), ce qui n’est pas le cas pour la plupart des autres genres. C’est ainsi que chez Allolobophora chlorotica (fig. 11) ces dissépiments sont considérables surtout à l’avant et au point d'attache du tube digestif; quelquefois au point d'insertion de ce tube, ces dissépiments s’élargissent et donnent aux muscles une disposition pennée, les fibres longitudinales disposées au centre et les fibres transversales en V sur leurs deux faces antérieure et postérieure (fig. 9).
Au contraire quand on se rapproche de la paroi du corps, les fibres longitudinales ne sont tapissées de fibres transversales qu'à leur partie postérieure, et lorsque par extraordinaire il se trouve des glandes chloragogènes sur ces dissépiments, elles se trouvent presque loujours sur la face postérieure du dissépiment.
En résumé, chez Allolobophora chlorotica et Allolobophora turgida (PI. X, fig. 59) les cloisons intersegmentaires sont considérables ; chez Allolobophora rosea elles sont moins considérables, mais constituées entièrement par les mêmes éléments.
Chez Alurus (fig. 10) où les glandes chloragogènes prennent un développement prépondérant, les cloisons intersegmentaires sont
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peu différentes de celles décrites pour Zumbricus. Ces cloisons, peu considérables sont donc constituées par des fibrilles provenant de la couche des muscles longitudinaux.
Fra. 9 Frc. 10
Fi&. 9. — Dissépiment de Lumbricus ; À partie pennée s’attachant au tube digestif; B faisceau de fibrilles circulaires; G cellules péritonéales ; E fibrilles longitudinales ; D paroi du corps. =
F1G. 10. — Dissépiment d'AXlurus; A fibrilles longitudinales; C faisceaux : : Dh : 2 circulaires du dissépiment; B paroi du corps. LE
Fi. 11. — Dissépiment d’AZ/olobophora chlorotica ; A fibrilles longitudinales ; B paroi du corps; G vaisseaux; D fibrilles transversales ; E cellules
péritoneales (éhloragogènes ?) ee
Les faisceaux des fibres circulaires (fig. 10, cc”) sont toujours silués à la partie postérieure du dissépiment; dans ce genre l'appareil chloragogène est très développé.
Comme on le voit l'aspect de ces dissépiments présente des différences notables suivant les espèces, surtout pour ce qui concerne leur dimension.
On sait qu'une sorle de sinus ventral s’interpose chez A{lolobophora entre l'intestin et la corde nerveuse.
Cette disposition est très visible sur une coupe sagittale d’A{lolobophora rosea, surtout à la partie antérieure du corps; la partie comprise entre la chaîne nerveuse et les muscles’ longitudinaux
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des léguments, est divisée en chambres par de vastes dissépiments dont les fibrilles traversent la couche des muscles longitudinaux et vont s'épanouir dans la couche des muscles circulaires pour enfin aller et s'attacher à la base de l’épiderme.