‹ Étude sur l’Anatomie comparée des LombricidesChapitre 32 sur 55 · PORES DORSAUX · texte numérisé non relu

PORES DORSAUX

Les pores dorsaux sont des ouverlures qui font communiquer la cavité générale avec l'extérieur.

Ils sont siluës à la partie dorsale médiane entre chaque segment ; sur des coupes fines on remarque que ces orifices impairs sont ovalaires, fermés chacun par un sphincter de faible dimension.

Si on plonge le Ver: vivant dans un liquide quelconque, ces orifices laissent échapper un liquide plus ou moins abondant de composition chimique et histologique variable suivant les espèces. Eléments que nous étudierons plus loin. |

On a souvent relevé comme caractêre spécifique le rang des segments entre lesquels commencent ces pores dorsaux. Ce caractère spécifique me paraît absolument arbitraire.

Les cas d’anomalies concernant ces orifices dorsaux étant trop fréquents pour que l’on puisse y attacher une importance quelconque. Un caractère spécial au Zwmbricimorphes est l'absence de pore dorsal céphalique. Ce pore céphalique existe pourtant chez les autres Oligochètes à la limite du protéméride.

Les dimensions de ces pores dorsaux varient énormément selon les espèces. C’est ainsi que les espèces du genre Allolobophora ont les pores dorsaux généralement considérables. Ex. : Notogama fœtida, Notogama rosea et icterica.

Dans le genre Lumbricus, Allurus, les ouvertures de ces pores dorsaux sont moins considérables et en résumé ils sont beaucoup plus ouverts à la partie caudale qu'à la partie antérieure. Quelques auteurs se sont demandés si ces ouvertures ne servail pas d’entonnoir pour faire entrer l’eau de l'extérieur dans la cavité périviscérale du Zombric.

Des expériences récentes (Rosa) que j'ai moi-même contrôlées sur l'animal vivant m'ont prouvé que les pores dorsaux ne servaient exclusivement qu’à la sortie du liquide périviscéral (lymphe)

(Rosa).

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SOIES (fig. 45, 55).

Elles sont au nombre de huit dans chaque segment; elles sont groupées deux à deux, on dit qu’elles sont géminées ; dans le cas contraire, elles sont non géminées. Ce caractère est extrêmement important pour la détermination.

Je m'en suis servi pour mon Étude Lombricide de la Suisse.

Les genres Lumbricus et Allurus et presque tout le genre Allolobophora ont les soies géminées.

Les autres genres ont une disposilion sétigère qui varie suivant les espèces, mais qui est typique pour chaque espèce.

On donne le nom de soies ventrales aux deux rangées inférieures et de soies dorsales aux deux rangées supérieures.

Leur base est logée dans une invagination tégumentaire où sont développées deux petites soies de remplacement ; chez quelques espèces, 11 y en a quatre.

Exemple : chez AUolobophora Udei RisaucourT elles sont situées dans de petits sacs cylindriques faisant saillie dans la cavité périviscérale ; elles prennenl naissance dans un follicule situé dans le tissu conjonctif. É

Nous ne nous étendrons pas davantage là-dessus, les mémoires qu'ont publiés CLAPARÈDE | 60, 69] et E. PERRIER [72, 74, 81] ayant élucidé la question.

Nous mentionnerons seulement quelques observalions nouvelles.

Chez les Lombricides d'Europe, le corps est absolument dépourvu de charpente solide quelconque.

Les soies se transforment très souvent en charpente de soutien pour maintenir en place les organes délicats ; c’est ainsi que chez les Lombricides qui ont la papille génilale du quinzième anneau très développée, le canal génital est maintenu en place par des soies extrêmement fortes qui s’entrecroisent de façon à former autour du canal déférent une charpente protectrice (fig. 45, PI. IX, fig. 57).

Ces soies prennent une disposition spéciale sur l'anneau qui porte le spermatophore ; nous y reviendrons plus loin.

En général, les soies de la partie caudale sont plus fortes et plus recourbées qu'à l'avant; ceci est compréhensible, le Ver prenant son point d'appui à l’arrière pour avancer en rampant. Les soies d'Allurus sont très courtes, mais très épaisses ; la couche des muscles

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longitudinaux est considérable et le sac sétigère y est allaché indirectement ; c’est ce qui explique pourquoi A/lurus, qui vit dans les cours d’eau, s accroche si facilement au dépôt qui l'entoure et résiste à la force du courant des ruisseaux.

Les soies des Lombricides sont chilineuses et simples, c'est-à-dire

en forme de Je présentant vers le milieu de leur longueur une

sorte de nodosité; mais elles ne sont pas fourchues.

Au niveau de la nodosité, la soie est attachée parfois transversalement au sac par des fibres musculaires formant pivot qu'il ne faut pas confondre avec les muscles du follicule séligère. Ceux-ci sont allachés d’une part à la base du sac sêtigère, d'autre part à la couche dermique des muscles longitudinaux dont ils ne sont qu’une continuation.

Le Ver avance surtout grâce au jeu des muscles des sacs séligères. Une expérience que j'ai faite et qui est facile à répéter consiste à mettre un gros Ver (Lumbricus herculeus) sur du papier à surface lisse ; on le voit faire des efforls pour avancer difficilement; puis tout à coup il dressera toutes ses soies À La rois cherchant à les enfoncer ou à lrouver un point d'appui quelconque ; l'oreille percevra très nettement le frottement des soies contre le papier.

Les soies clitelliennes sont très longues et peu recourbées. Elles sont beaucoup plus fines que les autres. Elles ne proéminent pas à l'extérieur des téguments; aussi ne sont-elles pas locomotrices; mais si on considère l'épaisseur du tissu dans lequel elles sont plongées et son importance physiologique, on comprendra aisément qu’elles ont un rôle de soutien.

Pour ce qui concerne la disposition des soies de chaque espèce, j'en ai fait jadis une étude assez complète (Ætude sur la Faune Lombricide Suisse, 1895).

Souvent les sacs séligères tombent dans la cavité périviscérale où ils sont entourés et enkystés par les amæbocytes.

Au niveau des organes génilaux, les soies peuvent devenir allongées.

Tubercula pubertatis. — À la partie inférieure du clitellum se trouvent des lubercules symétriques qui sont précieux pour la détermination. Deux bourrelets longitudinaux latéraux externes les font communiquer avec les orifices génitaux chez la plupart des Loiïnbricides.

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L'histologie des tubercula pubertatis es la même que celle de la paroi du clilellum, mais il existe un massif de grosses cellules glandulaires dont les canaux s’anastomosent el se réunissent pour déboucher en un seul canal au centre d’un tubercula. L’orifice de ce canal est visible à la loupe chez les exemplaires arrivés à maturité et fixés à l’époque de l’accouplement.

TUBE DIGESTIF (lg. 55-72).

Nous ne nous arrêterons pas à décrire cet appareil, qui à été décrit plusieurs fois et que l’on connaît; nous nous bornerons à en résumer les principaux faits anatomiques, afin de pouvoir présenter d’une façon intelligible nos observations nouvelles et personnelles.

L’intestin des ZLombricides d'Europe comprend: 1° La cavité buccale ; 2° le pharynx entouré du muscle buccal ou pharyngien que nous avons décrit plus haut; 3° l’œsophage ; 4° les glandes de MorRen; 5° l'estomac (jabot); 6° le gésier; 7° l'intestin; 8° le typhlosolis.

Fixation et colorants. — Pour étudier cette partie de l'animal, il faut l'avoir complètement débarrassé de la terre que contient son tube digestif.

Pour cela, on a recommandé de faire ingérer au Ver du papier ou du café. Celle méthode nous a procuré des désagréments, le papier se durcissant beaucoup trop sous l'influence des réactifs et ne se laissant pas couper par le microlome. |

Le café esl assurément meilleur, mais il a le désavantage de colorer l’inleslin et de salir les coupes; le meilleur moyen est de nourrir l'animal au papier humide pendant deux jours et de transporter successivement le Ver: dans des bocaux humides et frais dans lesquels il se débarrassera de ce qu'il a ingéré. Pour fixer le tube digestif, j'ai été obligé d'ouvrir préalablement:le Ver à sa partie ventrale par une section longitudinale médiane afin que le liquide fixateur puisse arriver jusqu'aux éléments cellulaires de l'intestin. Cette partie de l'opération est importante, surtout en été, car il est très difficile de fixer le tube digestif du Ver sans l'ouvrir, les tissus de l'intestin se décomposant presque subitement après la mort du Ver, même lorsqu'il est dans l'alcool à 75°.

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La composition du liquide fixateur a une importance capitale suivant les parties du tube digestif que l’on veut étudier.

Si l’on veut éludier les éléments histologiques du tube digestif, on peut se servir du liquide de GrBsox ou du mien (dont formule à la page 213); mais pour l'étude des glandes de MorREn, ce liquide donne de {rès mauvais résultats, les différents cristaux et parfois la structure des cellules étant détruits par ce liquide.

Une solution de sublimé alcoolique à 95° à 2°}, additionnée de 25°/, de sel marin donne de bons résultats.

Il ne faut laisser agir le fixateur que pendant 15 minutes et laver plusieurs fois dans l’alcool à 75°.

Le choix d’un colorant est tout aussi important. La coloration simultanée à l’hématéine et à la safranine ou à l’éosine donne d'excellents résultats pour l’élude des cellules du tube digestif en général, mais l'acide acélique entrent en solution dans la composition de l’hématéine ou de l’hématoxyline semble détruire toute matière de sécrélion dans les glandes de MorREN, de sorte que, pour conserver ces éléments, il faut se contenter de colorer au carmin de Grenacher. Au reste, cette étude offre des difficultés très grandes à {ous les points de vue.

CAVITÉ BUCCALE (PL. IX à XIV ; fig. 55-72).

Elle va depuis l'avant jusqu’au collier œsophagien. Il en résulte que la dimension de la cavité buccale peut varier suivant les espèces. C'est ainsi qu'Allolobophora rosea à le collier œsophagien situé dans le 3° segment. Mais il est repoussé par le muscle pharyngien à l'avant jusqu’au niveau du 2° anneau.

Chez le Lumbricus, il est situé dès Le 3° anneau; mais il est repoussé dans le 4°. Chez l'Alurus où le muscle phafyngien est fractionné, ce collier est silué et reste normalement dans le 3° segment, elc.

La cavité buccale se présente comme un espace spacieux tapissé de cellules épithéliales. Ces cellules sont à une seule assise et très allongées chez le Luwmbricus festivus el à plusieurs assises chez Atlolobophora trapezoides. Au reste, la dimension de ces cellules varie suivant les espèces.

La paroi de la cavité buccale pousse plusieurs invaginations ;

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elle est entourée de par nombreux vaisseaux sanguins, par du tissu conjonclif lâche à gros noyaux et par de très minces faisceaux musculaires attachés d’une part à la paroi buccale, d'autre part à la couche des muscles longitudinaux dont ils ne semblent être qu'une continuation.

Ces fibres musculaires sont lâches, séparées par des espaces clos, apparemment pour permettre à ces fibres d'élargir la cavité buccale lors de l’absorplion.

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