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La forme de la déchirure n’esl signalée que dans quelques observations ; cependant, étant donné que lorsque les dimensions sont indiquées on n’en cite qu’une, c’est qu'il s'agit de déchirures plus ou moins linéaires ; deux fois seulement une forme spéciale est indiquée : dans l'observation VII la déchirure est ovale « en forme de boutonnière » ; dans l'observation XV le péricarde est percé d’un trou de la grosseur du poing.
La direction de la rupture est indiquée dans 3 observations : Dans 1 cas (obs. VII) la déchirure est obliquement dirigée de haut en bas et d’arrière en avant, parallèlement au bord gauche du cœur, son extrémité inférieure répondant à la base du péricarde au niveau de ses insertions sur le diaphragme ; elle est au contraire verticale dans l'observation IX ainsi que dans l'observation XII; du reste dans beaucoup de cas il doit s'agir de déchirures allant plus ou moins verticalement du sommet vers la base du péricarde, car dans plusieurs observations on retrouve cette indication : péricarde déchiré dans toute sa hauteur (obs. VI, VIII, XV, XIX).
Les déchirures multiples du péricarde sont notées dans 3 observations (1, X et XXI). Dans l'observation I on signale seulement l’existence de déchirures en plusieurs points du péricarde. Il existe deux déchirures péricardiques dans le cas qui fait l’objet de l'observation X : elles siègent sur la face latérale droite, sont verticales et séparées entre elles par un pont étroit de substance péricardique. Dans l'observation XXI on indique trois déchirures péricardiques : l’une mesure 28 centimètres de hauteur et
siège sur la face antérieure, la deuxième qui mesure
10 centimètres de haut siège sur la paroi droite et est séparée de la précédente par un petit pont de substance péricardique ; la dernière siège sur le péricarde diaphragmatique.
Enfin, dans l'observation XXII les lésions péricardiques sont encore plus accentuées : « Du péricarde persistaient seulement quelques lambeaux qui s’attachaient aux gros vaisseaux déchirés transversalement. »
En somme, les lésions du péricarde peuvent présenter plusieurs degrés : tantôt et le plus souvent (15 cas sur 19) il s’agit d’une déchirure unique siégeant de préférence sur le bord gauche, linéaire, verticale et en général de grandes dimensions ; dans d’autres cas (3 cas) il s’agit de déchirures multiples alors très étendues ; parfois enfin on peut observer une destruction à peu près complète du péricarde (1 cas).
Les lésions des vaisseaux constituent aussi un élément essentiel de l'anatomie pathologique de l’arrachement traumatique du cœur, tout au moins dans la variété dont il est question en ce moment. On les retrouve dans les 24 observations, bien qu’à des degrés très divers. C’est ce que va montrer l'étude des lésions traumatiques observées sur chacun des gros vaisseaux.
Les lésions de l'aorte sont de toutes les lésions des vaisseaux de la base du cœur celles qui existent le plus souvent dans l'arrachement traumatique. Sur 24 observations, elles ne manquent que quatre fois (obs. I, III, IV, X) ; dans tous les autres cas (20) on les retrouve seules ou associées à d’autres lésions vasculaires.
Au point de vue de l'étendue de ces déchirures aortiques
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il en est qui sont lotales, sectionnant complètement le vaisseau en deux tronçons, d'autres au contraire sont partielles et plus ou moins étendues. Sur les 20 observations où ces lésions sont notées, il n’en n'est qu’une qui signale simplement la rupture de la crosse aortique sans rien dire de son étendue (obs. VI) ; l'examen des 17 autres cas donne les résultats suivants : l'aorte est complètement rompue dans 13 observations : dans l’observation IT le cœur est arraché de l’aorte ; il en est de même dans les observations XII et XV, où le cœur ne tient plus aux gros vaisseaux que par un lambeau de sa paroi postérieure ; dans l'observation XIV, où le cœur ne tient plus qu’à une branche de l'artère pulmonaire et dans l'observation XVI où tous les vaisseaux sont sectionnés sauf la veine cave inférieure : enfin les 8 observations relatives à l’arrachement total (obs. XVII à XXIV) impliquent naturellement la rupture complète de l'aorte. Dans les 6 autres cas il s’agit de rupture incomplète de l'aorte, mais plus ou moins étendue : dans l'observation XIIT l'aorte est presque complètement déchirée ; seul un petit filament de tissu long de deux pouces réunit les deux segments du vaisseau ; dans les autres cas les déchirures sont moins étendues : c’est une déchirure de 35 millimètres de long intéressant les deux tiers de la circonférence du vaisseau (obs. IX) ; les dimensions sont à peu près les mêmes dans l'observation VII ; l'aorte n'est rompue que sur la moitié de sa circonférence (obs. VIIT) et sur une étendue de 1 centimètre (obs. V). Enfin dans l'observation XI il s’agit d’une déchirure longitudinale longue de 7 centimè-
tres et large de 2 centimètres.
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On peut voir par les lignes précédentes que, au point de vue de la direction, les déchirures aortiques sont des déchirures transversales ; la seule exception est le cas cité dans l'observation IX où il existait du reste de très grosses lésions d’aortite chronique avec dilatation, bien suffisantes pour expliquer cette direction spéciale de la déchirure dans ce cas particulier, la rupture pouvant s'être produite sur les points où les lésions étaient au maximum ; dans tous les autres cas il s’agit de ruptures transversales plus ou moins étendues ainsi que le fait est bien précisé dans beaucoup d'observations (obs. V, VI, VII, IX, XIII, XIV, XVI, XXI, XXI).
Un autre caractère de ces déchirures aortiques c’est leur siège particulier : il est le plus souvent très voisin de l'origine du tronc aortique sur le cœur. Sur 9 observations qui précisent ce point spécial, nous trouvons en effet les détails suivants : dans un cas {obs. XIII) on indique seulement que la déchirure aortique siège sur l'aorte ascendante ; dans l’observation V la déchirure est signalée audessus des valvules ; mais dans d’autres cas le siège et fixé par des mesures précises : ainsi la déchirure siège à 15 millimètres au-dessus des valvules (obs. XIV) : à 2 centimètres 1/2 au-dessus du fond des valvules (obs. XXI) , enfin elle occupe l'origine même du vaisseau dans les observations VIIE, IX et XXII ; de même dans le cas rapporté observation XXIV, le cœur arraché complètement ne présentait plus aucunes traces des troncs artériels ni
des valvules
Quant au siège occupé par la section transversale in-
complète sur la circonférence du vaisseau, il est indiqué
dans 3 observations (sur 5 déchirures transversales incomplètes) : elle occupe une fois la moitié postérieure de la circonférence du vaisseau (obs. VIIT) ; dans 2 autres cas, elle siège sur la face latérale gauche de l’aorte : dans 1 cas, la déchirure intéresse les deux tiers de la circonférence du vaisseau ; seul un lambeau large à peine de 1 centimètre joint encore les deux portions de l'aorte du côté droit (obs. IX) ; dans l’autre cas, la déchirure est encore plus étendue : les deux bouts du vaisseau sont seulement réunis par un filament long de 2 pouces.
Enfin, il est un dernier caractère signalé dans plusieurs observations et concernant l'aspect des lèvres de la déchirure aortique : on trouve indiquée plusieurs foisla netteté des lèvres de la plaie dont les bords sont lisses, réguliers et comme sectionnés avec un instrument tranchant, suivant l'expression de plusieurs observateurs : Rolleston dit (obs. XIV): « l’aorte ascendante était sectionnée transversalement ; la section était nette ». Casper dit dans l’observation XVI : « Tous les autres vaisseaux (sauf la veine cave inférieure) en étaient arrachés (du cœur) et se faisaient remarquer pour la plupart, par les bords de la déchirure absolument nets et comme s'ils avaient été sectionnés au couteau. » Dans l'observation XXI. Thoinot et Paul font remarquer. que la section horizontale de l'aorte est régulière « sauf en deux points où existent des languettes d’arrachement se détachant du point de section. »
En résumé, ces déchirures aortiques très fréquentes dans l'arrachement traumatique du cœur se présentent avec des caractères particuliers : ce sont des déchirures transversa-
les, totales ou partielles, et dans ce dernier cas plus ou