‹ Étude sur l’arrachement traumatique du cœurChapitre 20 sur 52 · BB · texte numérisé non relu

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Il est évident que ces fractures facilitent beaucoup le rétrécissement de la cavité thoracique ; il est vrai aussi qu'elles existent, du moins les fractures de côtes, dans la plupart des cas ; toutefois nous avons relevé deux observations dans lesquelles elles n'existent pas : l'observation de Casper (obs. XIX) dans laquelle elles ne sont pas mentionnées et. l'observation de Torresi où il est dit expressément que le squelette du thorax était absolument intact (obs. XXX). D'autre partily a plusieurs observations danslesquelles on ne signale qu’une ou deux fractures de côtes (obs. IX,XXI, XX VIT. On ne peut guère expliquer comment des fractures aussi limitées auraient permis à elles seules une mobilisation de la paroi thoracique suffisante pour comprimer et. déplacer le cœur. Aussi pensons-nous que, du moins dans certains cas, il faut laire intervenir un autre facteur : l’élasticité de la paroi ; le traumatisme violent agissant sur le thorax pourra alors suivant les cas avoir deux résultats : ou bien il fracturera des côtes résistantes et pourra ensuite facilement déplacer la paroi thoracique et comprimer les organes internes ; ou bien il trouvera devant lui des côtes flexibles qui se laissant déprimer permettront la compression des organes thoraciques ; c'est ce qui a lieu chez les ‘ enfants (obs. IX) ; c’est ce qui permet d'expliquer les deux cas rapportés dans les observations XIX et XXX. On sait du reste que Duplay a pu sans fracturer les côtes amener au contact les parois thoraciques antérieure et postérieure de sujets de moins de vingt ans.

L'arrachement ventriculaire pourrait être expliqué par la théorie générale qui a été donnée des ruptures cardiaques: compression du sang contenu dans ses cavités el

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éclatement de la paroi cardiaque comme éclate un sac plein de liquide lorsqu'on le comprime ; mais ce mécanisme explique difficilement l'isolement complet d’une portion entière du cœur; de plus. il est tout à fait insuffisant pour rendre compte des déplacements que subit souvent le fragment cardiaque isolé ; c’est probablement ici encore le rétrécissement de la cavité thoracique par le traumatisme qui amène la compression du cœur entre les parois antérieure et postérieure, le déchire et, si l'action se continue, chasse plus ou moins loin le fragment isolé.

Quant à la pathogénie des ruptures de l’aorte thoracique descendante, il nous parait qu'on doit les diviser en deux groupes : celles qui siègent près de l’union des parties descendante et horizontale, et celles qui siègent en un autre point de la portion descendante.

Ces dernières sont toujours en rapport dans nos observations avec une fracture de la colonne vertébrale à leur niveau (obs. X et XXI) ;: ces cas sont analogues à un cas autrefois cité par Rollet et que Broca expliqua par hyperex tension forcée de l'aorte.

Lorsque la rupture siège près du point de jonction des parties horizontale et descendante (6 cas), elle est parfois en relation avec une fracture vertébrale et peut alors s’expliquer comme les précédentes ; mais d’autres fois, il n’y a pas de fracture vertébrale ; ce sont ces cas qui sont justiciables du mécanisme exposé par Chiari, par Revens-

torf : rupture de l'aorte par traction de la bronche gau-

che.

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