OBSERVATION XXII
(A. NoBiziG. — Einige Fœlle von traumatischer Ruptur..… des Herzens, in Friedreich's Blætter für gerichtlichen Medicin, 1896, XLVII, obs. 1, p. 95.)
Tamponnement par un chemin de fer ; Arrachement du cœur trouvé libre dans la cavité pelvienne
Une femme âgée de trente-neuf ans et qui souffrait depuis des années de persécutions imaginaires se tua de la façon suivante: sur la voie ferrée entre M... et S... elle s’élança entre les rails, les bras étendus, à la rencontre d’un express arrivant à toute vitesse. Sous le choc de la locomotive la femme fut lancée de côté, la poitrine contre un poteau peu élevé qui se trouvait près de la voie; elle demeura morte couchée tout près de la voie ferrée.
On ne pouvait voir, — à part une fracture de la jambe droite dans son tiers inférieur —, que des excoriations sans importance et des ecchymoses siégeant sur les mains et sur le visage. En
revanche, après enlèvement des parties molles, on trouva le
nes ]Ï SES =
tiers inférieur du sternum complètement détaché du corps de l'os par un trait de fracture transversal et déplacé en arrière et en haut. En même temps, les cartilages costaux auxquels adhéraient encore des fragments d’os, s'étaient détachés des côtes près de leur point d'union avec ces côtes elles-mêmes ; de là un vaste épanchement de sang dans le pannicule adipeux de cette vaste région blessée, dans les parties molles voisines, ainsi que dans le tissu cellulaire du médiastin antérieur. Dans chacun des deux sacs pleuraux était contenu un peu plus de 1/4 de litre de sang liquide. La moitié inférieure des lobes inférieurs des deux poumons était broyée complètement. Les parties restées intactes de ces organes montraient à leur surface et sur la coupe les taches rouges brunâtres dues à l’aspiration du sang. Le diaphragme, dont la moitié antérieure était complètement détruite par le sternum et les cartilages costaux, présentait en son milieu une déchirure étendue d’avant en arrière, largement béante et d’où irradiaient à droite et à gauche plusieurs déchirures plus petites mesurant 7 à 8 centimètres. Cette colossale lésion du diaphragme créait un large orifice de communication entre les cavités thoracique et abdominale. A une petite distance de l'extrémité postérieure de cette déchirure diaphragmatique se trouvait l’æsophage, écrasé sur une longueur de 5 centimètres et divisé en un point presque complètement. La moitié inférieure de l’aorte descendante et la moitié supérieure de l’aorte abdominale étaient entourées d'une épaisse couche de sang coagulé. Après ouverture du vaisseau parurent de petites et fines déchirures longitudinales et tranversales siégeant dans l'épaisseur de la tunique interne et ne s'étendant qu’en un seul point jusqu’à la tunique moyenne.
Du péricarde subsistaient seulement quelques lambeaux
qui s'attachaïient aux gros varsseaux déchirés transversalement ; le cœur manquait. Dans la cavité péritonéale était accumulé tout près de 1 demi litre de sang liquide. La grosse tubérosité de l'estomac et la petite couture étaient infiltrées de sang ; en plusieurs petits points, la paroi de l’estomac était percée jusqu’à la muqueuse. Le lobe gauche du foieétait complètement écrasé ainsi que le pancréas et autour d’eux existait une très considérable hémorragie. La partie antérieure du côlon transverse et de nombreuses anses de l'intestin grêle étaient couvertes de sang. Le cœur normal, qui, abstraction faite des déchirures à l’origine des gros vaisseaux, ne présentait pas la moindre blessure et dont toutes les sections étaient absolument exsangues, se frouvait dans la cavité pelvienne sur le sommet de la vessie et sur le fond de l'utérus touchunt avec sa pointe le rectum. L’organe, évidemment sous la formidable violence qui frappa la partie inférieure de la poitrine et la partie supérieure de l'abdomen, avait été séparé des gros vaisseaux et, à travers la déchirure béante du diaphragme qui : se formait en même temps, lancé comme un projectile dans la
cavité pelvienne.