‹ Étude sur l’arrachement traumatique du cœurChapitre 6 sur 52 · CHAPITRE IN · texte numérisé non relu

CHAPITRE IN

ÉTIOLOGIE

L’arrachement du cœur présente à étudier, au point de vue des circonstances au cours desquelles il se produit, plusieurs points d'importance très différente. Ce sont tout d'abord les conditions nécessaires à la production de la lésion, c’est-à-dire ses causes déterminantes ; c’est d’autre part toute une série de conditions secondaires relatives à la victime, à son âge, à son sexe et aux circonstances dans lesquelles elle a subi cette lésion.

La cause nécessaire, déterminante, de l'arrachement du cœur, c’est un traumatisme et le plus souvent un traumatisme violent. Ce fait ressort de-tous les travaux relatifs à cette question : Fischer étudiant les causes de cette lésion dans les 6 cas quil a réunis trouvait : deux écrasements pas une lourde charpente de fer et par un arbre, une projection contre un arbre, une chute de quarante pieds de haut, un traumatisme par une roue mécanique ; dans un cas seulement il s'agissait d’une commotion simple avec chute dans l’eau. De même Schüster décrit la lésion à propos d’une observation concernant un homme qui avait fait

une chute d’un lieu élevé ; enfin Thoinot et Paul disent à

propos de l’étiologie : « Partout nous retrouvons un traumatisme violent. » Enumérant ensuite les causes dans les cas qu'ils ont réunis ils trouvent : un écrasement, deux tamponnements (tramway ou express) et une précipitation d’un lieu élevé.

Si nous passons en revue les 29 cas que nous avons pu réunir, nous trouvons les causes suivantes : dans 13 cas il s'est agi d'écrasement ; dans 3 cas d'un tamponnement par tramway ou chemin de fer : dans 11 cas de chute simple ou de précipitation ; dans 2 cas de projection contre un objet résistant. En somme, l’arrachement du cœur s'est produit dans nos observations, soit à la suite d'un traumatisme dû à un corps en mouvement agissant sur le sujet immobile (écrasement, tamponnement), soit à la suite d'un traumatisme résultant de la projection du sujet lui-même contre un objet résistant (chute d’un lieu élevé; projection contre un obstacle ou corps solide quelconque).

L'écrasement a été la cause de l’arrachement du cœur dans les observations I, IX, X, XII, XV, XVII, XVIII, XXI, XXIV, XXVI, XXVII, XXVII, XXIX, c'est-à-dire dans 13 cas. On pourrait aussi signaler ici l'observation XXII dans laquelle il s'agit d’un tamponnement et d’un écrasement. Sur les 13 observations précédentes une seule (obs. I) n'indique pas la cause précise de l’écrasement. Les 12 cas restants sont dus à des écrasements denatures variées que nous allons étudier successivement.

L'écrasement par un véhicule est indiqué dans 3 observations (obs. IX, XVII et XXI. Dans l'observation IX,

l’écrasement a.été produit par une voiture lourdement

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chargée de pierres ; dans l'observation XVIII, c'est un Wagon qui à été l'agent traumatique ; quant à l’observation A XI elle concerne un charretier qui fut renversé par la voiture qu'il conduisait et écrasé par elle : mais la nature et la charge de la voiture ne sont pas mentionnées. Il n'en est pas de mème des deux premiers cas où le poids considérable de l'agent traumatique est bien indiqué.

L'écrasement par chute de matériaux et de corps pesants divers est signalé plus fréquemment comme cause dans l'ensemble de nos observations. Cette variété de traumatisme se retrouve dans 6 cas : observations XI, XV, XVI, XXIV, XXVI et XXViIT. Ici aussi il s’agit le plus souvent de violents traumatismes causés par la chute d’objets très lourds : dans l'observation IX c’est un homme qui est tué par l’effrondrement d’un gazomètre, dans l'observation XV,cest une voiture chargée de charbon qui tombe sur la poitrine d'un ouvrier ; dans d’autres cas il s’agit d’écrasement sous une (toiture de fer, sous un tronc d’arbre (obs. XVII et XXIID ; enfin, dans l'observation XX VIII c'est un maçon qui, dans l’écroulement d'une grange, est écrasé sous deux poutres dont l’une lui tombe sur la poitrine.

De cette variété d'écrasement par matériaux et corps pesants, il faut rapprocher un fait qui bien qu'unique est très important au point de vue médico-légal : c’est un fait signalé par Coutagne (obs. XX VD) et qui montre la possibilité de l’arrachement du cœur à la suite d'écrasement du thorax sous le poids d'une seule personne ; celle lésion existait en effet sur le cadavre d'une femme qui présen-

tait en outre des lésions de strangulation et qui avait été

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