‹ Etude Sur Le Bacterium Coli CommuneChapitre 18 sur 44 · LAON · texte numérisé non relu

LAON

Chez l'enfant, le B. coli produira une forme de choléra infantile, algide, qui ne différera en rien, cliniquement, des entérites cholériformes imputées aux troubles de l'alimentation (lait altéré) ou aux fermentations (Baginsky) ou à d’autres micro-organismes (bacille

de Lesage).

B. Forme pyrélique.

Chez les enfants, les cas dans lesquels le B. coli a paru être la cause d’un entérite infectieuse aiguë, pyrétique, correspondent à la forme décrite par M. Sevestre.

Une diarrhée d’intensité moyenne, jaune ou verte, fétide, du ballonnement du ventre ; un état fébrile oscillant autour de 39° et un état général variable d'intensité, tantôt léger, tantôt grave et donnant l'impression de la fièvre typhoïde, un pronostic souvent grave et la mort survenant du 8° au 12° jour : tels sont les principaux caractères de celte forme morbide. Parfois la fièvre, légère pendant quelques jours, augmente en même temps qu’apparaît de la dyspnée et une complication pulmonaire pouvant causer la mort, mais aussi pouvant guérir. M. Sevestre, qui a le premier attiré l'attention sur ces complications pulmonaires au cours des entérites infectieuses, avait émis l'hypothèse qu'elles pouvaient être dues à la même cause que l’entérite elle-même. Et il leur appliquait une méthode thérapeutique intéressante : souvent ces complica- : tions pulmonaires disparaissent rapidement par l'emploi du calomel.

De cetle forme morbide, chez l’adulte, nous ne connaissons que deux cas. L'un nous a été donné par Lesage (Voir Obs. X) et a été observé avec une grande attention.

Une femme de 29 ans, enceinte de quatre mois, en proie depuis quelques jours à un malaise indéfinissable, sans cause connue, est prise de douleurs abdominales et vient avorter à La Maternité (rue d'ASSas).

Ja fièvre est constatée par la sage-femme, pendant l'avortement ; et elle continue les jours suivants, donnant lieu à des diagnostics contradictoires. Pour la sage-femme, la fièvre existait avant l’expulsion, ce n’est donc pas de l'infection puerpérale. On s'arrêta à l'hypothèse de fièvre typhoïde et on fait passer la malade dans un service de médecine. Là, on se refuse à admettre le diagnostic de fièvre typhoïde.

La malade a de la diarrhée jaune, fétide, modérée, quatre selles par jour enviror ; la température a une marche irrégulière (Voir le tracé); jamais on n’a pu constater üe taches et la malade n’a nullement le facies typhique : l'intelligence est intacte, le regard vif, la langue blanche, humide, étalée, sans caractères spéciaux ;

le visage a simplement un peu de pâleur. Rien, en un mot. n’au- | M. 40

TE torise le diagnostic formel de fièvre typhoïde et on s’arrète à celui de : entérite infectieuse. jee

Cependant la fièvre se calmait, la malade se trouvait assez bien pour se lever quelques instants, lorsque la température monta. de nouveau et on constata dans l'abdomen la présence d'un épanchement, absolument indolore. La fièvre tombe bientôt et on discutait l'intervention chirurgicaie, lorsque la malade, qui avait fini par se cachectiser, mourut.

A l’autopsie, on trouva la péritonite du petit bassin, et une intégrité absolue de tout le tube intestinal, c'est-à-dire aucune trace de gonflement des plaques de Peyer.

Pendant la durée de l’entérite, les selles avaient fourni le B. coli presque pur et très virulent. A l’autopsie, le pus péritonéal ne renfermait que du B. coli qui se montra pyogène.

La filiation des phénomènes nous paraît être la suivante : entérite infectieuse; par suite de l’intoxication : avortement; à la fin de l’entérite, complication par l’agent pathogène se localisant dans la cavité péritonéale. On pourrait objecter que la péritonite était due à une propagation d'une infection utérine ; or, il a été fait un curettage sans resultat le 6° jour après la fausse couche et, à différents examens, l’utérus ni les annexes n’ont paru souffrants.

La seconde observation (Chantemessa, Widal et Legry) {présente avec celle-ci de grandes analogies : état infectieux, d’origine intestinale, compliqué de péritonite; au 8 jour, fausse couche; l’état infectieux, la péritonite s’aggravent et la mort survient au 4 jour. Dans ce cas, un curettage fait la veille de la mort ramena des débris placentaires fétides ne contenant que du B. coli.

La présence du B. coli dans les détritus placentaires nous semble être le fait d’une localisation, d’une infection secondaire sur un organe malade.

Par une coïnciden:e étrange les deux cas de maladie infectieuse fébrile par B. coli d’origine intestinale, se sont rencontrés chez des femmes enceintes qui ont rapidement avorté, comme dans la fièvre typhoïde. Widal propose de désigner ces cas sous le nom de pseudo-infection puerpérale, qui comprendrait aussi les infections par la bactérie pyogène de la vessie.

De la durée de cette infection qui a été de 12 jours dans le cas de Widal, de 3 semaines dans celui de Lesage, de la marche cli-

Se nique, de l'intégrité des tuniques intestinales on a cru pouvoir séparer définitivement le B. coli du B. typhique. Le B. typhique exerce son action par Sa présence dans l'organisme lui-même, tandis que le B. coli de l’entérite aiguë fébrile paraît n’agir que par ses sécrétions, Sans quitter la muqueuse intestinale, ayant toute fois la propriété de traverser la barrière intestinale pour se localiser dans un organe, à titre de complication.

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