‹ Etude Sur Le Bacterium Coli CommuneChapitre 19 sur 44 · ENTÉRITE INFECTIEUSE PROLONGÉE · texte numérisé non relu

ENTÉRITE INFECTIEUSE PROLONGÉE

Chez les. enfants ceite affection se présente comme une entérile cachectisante. La diarrhée est peu abondante, 2 à 3 selles par jour, sans caractère propre, mais persistant malgré tout traitement. L'enfant ne vomit pas, continue à boire; mais sa diarrhée l’épuise : il maigrit et se cachectise, réalisant ce que Parrot appelait l’athrepsie d’origine intestinale : pâleur, amaïgrissement progressif et mort. Les organes ne manifestent aucurie lésion (tuberculose, syphilis) pouvant expliquer cette affection. Comme le B. coli des selles est virulent, on peut admettre qu'il est l'agent étiologique. Comment aurait-il pris cette virulence ? rien ne l’indique, Toujours est-il qu’il est presque seul dans les selles (lamelle et cultures) et qu'il est virulent.

Cette forme d’irfection lente, menant à la cachéxie peut être rapprochée de ce que nous avons vu chéz les lapins qui mouraient du 15° au 30° jour après une inoculation dans l'oreille d'un B. coli de virulence atténuée. ,

Cette entérite cachectisante des enfants, due au B. coli, peut se présenter identique par son évolution sous l’action d’autres microorganismes. MM. Cadet de Gassicourt et Lesage, ont observé une petité épidémie d’entérites apyrétiques, prolongees ; dansies selles le Bacille pyocyanique était presque seul, et virulent. Le B. coli qui s’y trouvait n’avait pas de virulence. Le Bacille vert non liquéhant de Lesage peut aussi produire les mêmes effets.

Dans cette classe pourraient se placer les faits de choléra nostras prolongé. Mais les observations de ce genre, signalant le B. coli comme agent pathogèn?2, sont trop rares pour que nous puissions insister.

Le diagnostic se fera donc par l'examen des selles qui montrera le B. coli seul ou prédominant et doué de virulence.

M. Bard, de Lyon, a trouvé que dans les états fébriles le B. coli tendait à être seul dans l'intestin; en l'absence d’expérimentation sur la virulence de ce microbe, nous ne savons quelle importance

pathologique lui attribuer.

En résumé le B. coli, cause d’entérile, a sur l'organisme un retentissement général qui se manifeste par trois caractères principaux : l’algidité, la fièvre, la cachexie. Cette différence dans les résultats provoqués par un même poison n’a rien de surprenant puisque nous avons vu le poison cholérique isolé par Lesage et Winter, agents de l’algidité à certaine dose, produire, à dose, moindre l'élévation de température. Il ne faut voir là que différents modes de réaction de l'organisme contre un poison absorbé en quantités variables selon la virulence. |

Baginsky (1) étudiant les selles de divers enfants atteints de choléra infantilé a trouvé dans ces selles plusieurs espèces de bactéries, une quinzaine environ presque toutes saphrophytes éner giques. Aucune ne fut rencontrée d’une manière constante. Il conclut que les diarrhées infantiles graves, le choléra infantile ne sont pas des affections spécifiques mais purement saprogènes. Les bactéries saprophytes qui se trouvent occasionnellementdans l'intestin, ou qui y sont introduites avec le lait, décomposent les substances albuminoïdes en peptones toxiques qui sont résorbées à la surface de la muqueuse intestinale. Ilse forme dans l'intestin ce l'indol, du scatol, de l’ammoniaque, de l’acide sulfhydrique. Les symptômes cliniques sont le résultat de l’intoxication de l’organisme par tout ces produits de putréfaction.

Dans ces effets aous ne savons pas quelle part il faut attribuer au B. coli. Aussi il reste à étudier le rôle de ce micro-organisme dans les cas de diarrhée infectieuse où il se trouve associé à d’autres microbes pathogènes ou saphrophytes (2).

(1) Bacinsxy. Archiv. f. Kinderheilk, 1890.

(2) M. Romme a fait sur ces entérites, dues aux saprophytes, une excellente revue dans la Tribune médicale, février-mars 1892.

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