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parenchyme tenant sous sa dépendance .une symptomatologie spéciale il fallait donner à ce:genre de faits une place à pari, d'autant plus que dans tous les cas d’ictère grave secondaire ‘à une affection hépatique, les voies biliaires’ ne présentent pas forcément un degré pareil d’altération.
Infection secondaire. — Angiocholite.
Nous abordons maintenant la forme la plus commune des infections biliaires par le B. coli. A la faveur de l’altération des parois et du contenu lui-même, résultat d'une obstruction permanente plus ou moins complète, le B. coli ascensionne les voies biliaires, s’y développe et acquiert une virulence plus ou moins énergique, qu'il manifeste généralement par des propriétés pyogènes. Cette cause mécanique est la plus fréquente. Mais comme nous l'avons dit déjà il y a lieu parfois de faire intervenir non plus un obstacle au cours. de la bile, mais une modification physico-chimique avec une déchéance vitale des conduits, suffisantes pour faire appel aux bactéries intestinales pathogènes. C’est ainsi qu’au cours de la pneumonie ou de la fièvre typhoïde on verra apparaitre l’angiocholite. Dans l’une et l’autre forme étiologique, c'est comme agent pyogène que le B. coli exerce son action nocive.
Déjà en 1886, M. Metter (1) avait publié mn cas d’abcès du foie
miliaires et multiples situé sur le trajet des canaux biliaires dilatés et dans lesquels il rencontra un bacille. Dans des pièces analogues présentées par Potocki la Société anatomique (1886), le même auteur signale qu'il existait le même bacille. Plus tard on crut avoir eu affaire au Bacterium coli qui était encore peu connu.
A la suite des expériences qu’il fit à cette époque, M. Netter posa les préliminaires de l'étude des infections biliaires. La première observation de suppuration hépatique où le diagnostic de ce micro-organisme soit nettement établi et confirmé, appartient à M. Rodet (2). Un malade présenta quelque temps les symptômes d’un ictère catarrhal terminé par un état typhoïde. A l’autopsie, on
trouva une tumeur de l’ampoule de Vater, et des abcès multiples -
du foie dans lesquels on découvrit le B. coli à l’état de pureté.
(4) NeTTER et . Arch. de Physiologie, 1880.
(2) Roner. Soc. des Soc. médic. de Lyon, novembre 1889.
Le 27 décembre, à la Société de biologie MM. Gilbert et Girode (1) firent une communication sur un cas de cholécystite suppurée aver angiocholite suppurée et'un cas de cholécystite suppurée au cours, tous deux de la lithiaése biliaire. Drns Je premier fait, le pus fut recueilli au moment de l'opération. Dans le second, il fut examiné au moment dé lPautopsie : tous deux contenaient le B. coli en culture pure. SARMAR de
A la même société, le 21 février, MM. Charrin êt Roger, communiquèrent les recherches expérimentales qu'ils avaient faites avec le B. coli, expériences sur lesquelles nous reviendrons.
Le malade qui a servi de point de départ était. un homme du service de M. le professeur Bouchard, mort d’angiocholite.
Dupré, dans sa thèse, donne une observation d'infection hiliaire par le B. coli, m is il était associé à d’autres micro-organismes (observation (VI de sa thèse) : Cirrhose ancienne chez un alcoolique. Infection /nfection biliaire polybactérienne (staphylococcus albus, B. coli, bacille encapsulé), infection hépatique, splénique et rénale monobactérienne (bacille encapsulé), insuffisance hépatique terminale, mort. ;
. Naunyn a retiré de la vésicule biliaire d’un jeune homme lithiasique atteint de cholécystile, un micro-organisme se rapprochant du bacille d'Escherich par certains caractères, s’én éloignant' par d’autres, dont l'injection, dans les voies biliaires du chien, a été suivie d’angiocholite (2). -
MM. Gilbert et Girode ont publié une autre observation de cholécystite purwlcnte par B.: coli dans un cas de pneumonie (Soc. biolog. 21 mars 91).
M. Rodet mentionne à la Société de biologie, le 19 décembre 1 891, une observation d’angiocholile suppurée à Bact. coli.
. Nous-même avons présenté à la Société anatomique (janvier 1892) l'histoire d’une malade atieinte de cholécystite suppurée, angiocholite suppurée, petits abcès du foie. Le pus ne contenait que le :
Bacterium coli, retrouvé sur les coupes du foie. L'estomac présentait quelques infarctus superficiels, infiltrés de Bact. coli,
(1) GaLBERT et Garon. Contribution à l'étude bactériologique des voies biliaires. — (Soc. de Biologie, décembre 1890.) (2) Nauxyx. Soc. méd. de Strasbourg, janvier 1891.
OBs. XXXIII (Personnelle). — Cancer du pancréas, sans glycosurie. Cholécystile et angiocholile suppurées causées par le B. coli. Infarctus multiples de l'estomac contenant le même micro-0rganisme.
Le 4er février 1891, nous trouvons dans le service de M. le professeur Cornil, à la Charité, une malade couchée au n° 8 de la salle Cruveilhier, depuis le 18 novembre 1890.
Antécédents héréditaires. — Père alcoolique, mort à 60 ans d’une affection de l’estomac ayant duré 3 ans. Mère morte à 46 ans, d’une hernie étranglée.
A perdu une sœur, de la poitrine.
Antécédents personnels. — Réglée à 17 ans. Ménopause à 45 ans.
A eu 3 enfants, morts : deux en naissant à terme, lPautre à 7 ans, d’une pneumonie.
Elle a maintenant 63 ans.
11 y a 14 ans..elle aurait fait une maladie de Bright (æœdème généralisé, urine sanglante), et a passé un mois à l’Hôtel-Dieu où on a prononcé plusieurs fois le nom de sa maladie devant elle : on constata Palbuminurie et on la mit au régime lacté. Depuis, elle était sujette à des palpitations et de l’œdème malléolaire le soir. N’a jamais ensuite cessé son métier de blanchisseuse. N’a jamais vomi ni craché de sang. Pas de rhumatisme. Pas de syphilis. Elle présente sur les jambes des traces d’ecthyma.
En septembre 1890, elle perd l’appétit et se plaint de douleurs dans la région lombaire et dans les flancs, avec une sensation de grande faiblesse. N’a jamais eu de vomissements. Son état empire et elle entre à la Charité où on prend l’observation suivante : Langue épaisse, étalée. Pas de vomissements, pas de diarrhée. Le foie ne déborde pas les fausses côtes. L’abdomen est flasque, amaigri, élargi latéralement et présente des dilatations des veines tégumenteuses. La palpation profonde est douloureuse au niveau de l’épigastre. Pas de tumeur appré-
ciable. Respiration un peu faible. Quelques sibilances au sommet’
gauche en avant.
Le cœur présente des intermittences vraies. Le premier bruit est un peu sourd, le deuxième bruit tympanique, dédoublé. Le pouls est faible,
. les radiales dures, flexueuses. Pas d’œdème des membres inférieuts.
L’urine peu abondante renferme des traces d’albumine. Le col utérin est normal; pas d’écoulement, pas de phénomènes douloureux de ce côté. Aspect cachectique.
Janvier 1891. Faiblesse augmente. Elle ne peut se lever. Toujours pas de vomissements ; un‘peu de diarrhée. Douleurs spontanées et à la pression au creux épigastrique et dans la région lombaire, extrêmement vives.