‹ Étude Sur Le Cancer Du Colon Transverse Et De Ses AnglesChapitre 55 sur 119 · LES MÉTHODES · texte numérisé non relu

LES MÉTHODES

Le nombre des méthodes chirurgicales qu’on a voulu pratiquer pour ‘le traitement du cancer du gros intestin et qui, toutes, peuvent trouver leurs indications au niveau du côlon transverse, est considérable : méthodes diverses, de principe très différent, qui s’opposent les unes aux autres. On en a proposé des classifications variables. Nous croyons ‘que celle d'Okinezyc est la meilleure ; il la exposée ‘en détails au Congrès de Chirurgie de 1922; c’est aussi celle de nos maîtres ; c’est celle que nous sui-

vrons,

Le traitement vise à enlever le cancer, donc à pratiquer une colectomie. Cette colectomie, et c’est là la division principale des méthodes, peut se faire avec ou sans dérivation.

1° Sans dérivation, c’est la colectomie avec entérorraphie immédiate : colectomie segmentaire, hémi-colectomie ou colectomie sub-totale.

2° Avec dérivation, la colectomie peut être tres diverse, suivant que la dérivation interne ou externe est préalable à la colectomie ou lui est contemporaine.

1. — La colectomie sans dérivation avec entérorraphie immédiate

a) La colectomie idéale économique.

C'est l'opération de Reybard; la colectomie est segmentaire ; on enlève le segment intestinal, où se trouve la tumeur, et l’on rétablit immédiatement la continuité intestinale par une entérorraphie ter-

mino-terminale, latéro-latérale, ou termino-latérale.

a) AU NIVEAU DU CÔLON TRANSVERSE

On pratiquera une laparotomie sus-ombilicale médiane, complétée, si besoin est, par un branchement horizontal.

De part et d'autre de la tumeur, décollement côloépiplooïque, pour mobiliser aisément le transverse. Deux sections verticales allant jusqu’à la grande courbure de l'estomac (on lie la gastro-épiplooïque) limitent la partie de l’épiploon, qui demeurera solidaire de la tumeur. Dépouillement à la compresse

de la grande courbure, pour désinsérer le grand épiploon. Faire porter les points dè section à au moins » centimètres de la tumeur. Résection de la tumeur. Section et hémostase du méso. Le plus souvent, on pratiquera une anastomose termino-terminale ; certains auteurs préfèrent la latéro-latérale. On veillera à ce qu’il n’y ait aucune traction, sinon on n’hésitera pas à gagner de l’étoffe vers la gauche, en mobilisant l’angle splénique.

On devra toujours prendre quelques autres précautions : ne pas employer d’écraseur, s'assurer que les bouts intestinaux sont bien congruents, et que, suivant le conseil de Desmarest, is saignent. Pour la suture, il faudra employer une aiguille fine ; il n’est pas nécessaire de faire trois plans, deux suffisent, à condition qu'ils soient bien faits.

Enfin, comme l’a dit Pauchet, il faut se rappeler que la suture termino-terminale est fragile : il faut la fixer près de la plaie pariétale ; une fistule stercorale en est la conséquence, mais elle se ferme seule. Enfin, on pourra employer, pour finir, la technique que Chaton a préconisée récemment et dont M. Desgouttes s’est servie avec succès : mettre une mèche de gaze au contact de la suture. On se donne

ainsi une sécurité de plus.

b) AU NIVEAU DE L'ANGLE GAUCHE

L'important est d’y voir clair. Pour cela, on pratiquera soit l’incision de Chevassu, soit l’incision de Desmarest (fig. IX).

Page 1