C:es moyens ne sont autres que ceux que nous
avons indiqués plus haut, si ce n’est qu’ils ont été employés avec plus d’exagération, pour ainsi dire. L’eau bouillante, la farine de moutarde en trèsgrande quantité, la brûlure des extrémités par le cautère actuel, ont toujours été employés en même temps que la médication interne.
Le défaut d’absorption, prouvé par le défaut de l’action physiologique appartenant à tel ou tel médicament, nous a inspiré une idée que des circonstances particulières ne nous ont pas permis de mettre à exécution.
L’injection de liquides, simples ou composés, dans les veines, au moyen d’une seringue, n’est pas chose nouvelle ; mais l’expérimentation de tous les remèdes rationnels, faite par ce procédé, n’a pas été pratiquée, nous le croyons du moins, et elle pourrait avoir, pensons-nous, des conséquences sérieuses. — L’absorption intestinale peut avoir cessé, l’absorption artificielle, c’est-à-dire l’introduction directe par les veines de certains principes, peut démontrer que tel ou tel de ces principes a une action bonne ou insignifiante; elle peut démontrer de plus qu’aucun des médicaments que nous connaissons n’a d’effet salutaire sur l’affection cholérique, dans la deuxième période.
La certitude que la matière médicale. actuelle ne peut rien contre ce mal serait sans doute bien pénible, mais il y aurait du moins une compensation :
c’est que les recherches des médecins se tourneraient vers les remèdes nouveaux, et ne s’égareraient plus dans des détours inutiles.
Traitement de la réaction.
La physionomie de cette période, dans la généralité des cas, nous aforcés de recourir àune médication différente de celle qu’indiquent les autem’s, et que nous avons vu employer dans l’épidémie précédente. — Les émissions sanguines, et encore n’ont-elles consisté que dans une application de quelques sangsues aux extrémités inférieures, ne nous ont paru nécessaires que chez deux de nos malades. Chez ceux-ci, le cerveau s’était congestionné; il y avait du délire, de l’agitation; mais surtout le pouls, d’insensible qu’il était dans la période précédente, était rapidement devenu fort, vibrant et battait de 1 1 0 à 1 20 fois par minute. Chez l’un de ces malades, ce moyen a réussi; chez le second, après une amélioration sensible, les symptômes inflammatoires ont fait place aux symptômes d’adynamie, et la mort est arrivée. Ce résultat nous a prouvé que, conformément à ce que nous avions déjà observé, la nature particulière du choléra de 1865 devait rendre très-prudent quant aux émissions sanguines.
Les révulsifs, même les plus énergiques, nous ont présenté de bien plus grands avantages. Chez nos malades qui se sont trouvés atteints d’inflammation du cerveau , des viscères thoraciques ou abdominaux, l’emploi des sinapismes, des vésicatoires, du cautère actuel, a généralement produit le plus grand bien; mais généralement aussi la disparition de ces sérieuses complications a été suivie d’un affaissement considérable, d’un état analogue i\ celui dans lequel se sont trouvés ceux chez qui la réaction n’a pas eu la môme violence.
Les malades qui sont entrés dans la période de réaction , et avec ce caractère d’adynamie dont nous avons parlé, ont été, comme ceux chez qui les accidents inflammatoires avaient été conjurés, traités par l’un des deux remèdes suivants ou par les deux à la fois.
Le l)icarbonate de soude à doses variées, de 2 à 8 grammes par jour, a produit de très-bons effets sur les malades les moins affaiblis. L’action de ce médicament qui s’est exercée, à notre avis, sur le sang, s’est manifestée d’une façon apparente sur les fonctions digestives, — Après son administration, la langue s’est complètement dépouillée , l’appétit a reparu et la convalescence n’a pas tardé à se montrer. Mais ce n’est que bien rarement que nous avons eu recours à l’emploi isolé de cette substance : les préparations de quinquina.
extrait, décoction ou vin, sulfate de quinine, ont été données dans l’immense majorité des cas.
Le sulfate de quinine n’a été employé que chez les malades qui ont eu cette intermitentte que nous avons décrite plus haut, et la convalescence a commencé après un traitement d’une durée moyenne de deux jours.
Le quinquina, sous ses autres formes, a été administré chez tous les autres malades, et chez tous de bons effets ont suivi son administration. Sous l’influence de ce remède, les forces ont reparu, les fonctions languissantes ont paru se réveiller, le mal s’est anéanti jusque dans ses conséquences.
L’alimentation que nous nous sommes efforcés de recommander dès que l’estomac a été capable de la supporter, a puissamment aidé à rétablir la convalescence et à la rendre moins longue et moins pénible.