‹ Etude sur le cœur senileChapitre 15 sur 34 · TOTAL DIS CAS · texte numérisé non relu

TOTAL DIS CAS

LÉSIONS DES CORONAIRES

21 fois.

Barth (1871)

7 fois.

Odriozola (1888)

55 fois.

L'explication de ce fait nous paraît simple : dès 1871, M. Barth regrettait la négligence avec laquelle l'examen du cœur et de ses vaisseaux avait été pratiqué. Depuis cette époque, au contraire, la plupart des observateurs ont mis plus de soin dans cette étude : la multiplicité des détails accumulés dans les observations en fait foi.

Nous verrons bientôt, à propos de l'étude des lésions, quelles sont les différentes altérations subies par les artères coronaires dans le cas de rupture du myocarde. Pour le moment, passons en revue les diverses conditions étiologiques générales établies par les auteurs.

Tout d'abord la question de Yâge des malades mérite de nous arrêter. Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître que la plus grande fréquence de cet accident appartient à la vieillesse. Les chiffres indiqués par Lebert (1) se trouvent confirmés par toutes les statistiques ultérieures : sur 11 cas relevés par cet auteur, on voit la rupture se présenter :

Au-dessous de 60 ans 2 fois

De 60 à 70 ans 1 fois

Au-dessus de 70 ans 8 fois

En réunissant nos observations, dans lesquelles l'âge des malades était noté, aux 22 cas de Barth, nous avons obtenu, sur 115 observations, les chiffres suivants :

De 25 à 30 ans 2 fois

De 30 à 40 ans 3 fois

De 40 à 50 ans 4 fois

De 50 à 60 ans 12 fois

De 60 à 70 ans 36 fois

De 70 à 80 ans 45 fois

Au-dessus de 80 ans 13 fois

(1) Lcbort, Atlas iraiiatomio patholog'i(iue, Paris, 1857.

Ces chiffres, qui concordent exactement, démontrent que la rupture spontanée du cœur, exceptionnellement rare dans l'âge adulte (nous n'avons trouvé que 5 malades de 25 à 40 ans et 4 seulement de 40 à 50 ans), devient de plus en plus fréquente à mesure qu'on s'éloigne (1) de la 60= année, si bien que c'est audessus de 70 ans et particulièrement de 70 à 80, que l'on observe le plus grand nombre de cas. Cette remarque a été déjà faite d'une manière explicite par M. Lancereaux (2).

Quant au sexe, Lebert et la plupart des auteurs qui l'ont suivi, avaient déjà remarqué que l'apparente prédilection des ruptures pour le sexe féminin tenait d'une manière spéciale à ce que la plupart des observations publiées provenaient de l'hospice de la Salpêtrière. Aussi pourrait-on opposer (3) à la statistique de Barth, qui donne la proportion de 7 hommes contre 17 femmes (sur 24 cas), notre statistique portant sur 109 cas et dans laquelle nous avons obtenu :

Hommes 66 fois

F'emmes 43 fois

Si l'on tient compte de ce fait que la plupart des observations de rupture du cœur complétées par l'autopsie sont publiées, on aura le droit d'estimer que la f réquence de cette grave lésion est peut-être moins grande qu'elle ne le paraît au premier abord. Il ne se passe pour ainsi dire pas d'année sans que les Bulletins de la Société anatomique de Paris n en contiennent un ou plusieurs exemples. Plusieurs motifs justifient, sans doute, l'intérêt toujours grand offert par ces observations : la rapidité quelquefois foudroyante des accidents terminaux, leur développement ordinairement soudain sur des vieillards athéromateux, mais presque toujours jusque-là bien portants; enfin, croyons-nous, la rareté réelle de pareils cas dans les services hospitaliers ordinaires (4), voilà autant de motifs suffisants pour justifier les réserves que nous faisons au sujet de la fréquence de cette maladie (5).

(1) Les deux statistiques qui nous ont servi, celle de Barth et la nôtre, démontrent surabondamment que la rupture du cœur est bien ime lésion de la vieillesse, puisque au-dessous de 50 ans nous n'avons pu réunir que 9 cas, alors qu'au-dessus de 60 ans nous trouvons 94 cas : cet écart considérable constitue un argument irréfutable.

(2) Lancereaux, loc. cit.

(3) La somme des cas de Barth et des nôtres est de 133. La proportion serait : hommes 73, femmes GO.

(4) La presque totalité des observations publiées en France provient des hospices affectés à la vieillesse.

(5) Les observations XXX, XXXI et XXXII nous ont été communiquées par MM. Albert Eobin et NicoUe et doivent iigua'er dans un mémoire encore inédit sur les ruptures du cœur.

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