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accompagnent lirido-choroïdite. Cependant M. Desmarres père s’exprime ainsi : « Si une opération me paraissait devenue nécessaire, je » n'aurais pas recours à l'extraction immédiatement; je me bornerais > à essayer de tuer l’entozoaire en ponctionnant la vésicule avec une » aiguille à cataracte très-acérée et tranchante, en éclairant le fond » de Pœil par un miroir concave fixé à mon front. En attendant, je » prescrirais le sublimé en collyre (1 cent. pour 100 gr. eau) et en » compresses sur l’œil, puis des onctions mercurielles autour de l’or- » bite, dans l’espoir de tuer l’entozoaire. »
Ce moyen est tout à fait illusoire, car le parasite, même mort, agissant comme corps étranger, produirait les mêmes effets désastreux qu’il faut éviter.
La première opération de Græfe fut faite par la sclérotique, au moyen d’une très-petite plaie pratiquée à l’aide d’une large aiguille à cataracte, par laquelle on avait introduit une pince capsulaire de Sichel père. Cette opinion présente de grandes difficultés de manuel opératoire, est cause de la dilacération de la vésicule caudale du cysticerque et ne saurait servir que lorsque la vue est déjà complétement abolie, qu’on cherche uniquement à conjurer les accidents et qu’on ne désire que la conservation de la forme du globe.
Dans un deuxième cas, il pratiqua d’abord l’iridectomie en bas, qui permet de voir l’animal à l’œil nu et à la lumière naturelle. Un mois plus tard, il fit extraction du cristallin transparent par kératotomie inférieure. Enfin, six semaines après, eut lieu l’extraction du cysticerque intact par une plaie linéaire faite à la cornée et à l’aide d’une pince à pupille artificielle ordinaire. La vue du malade, sensiblement altérée, s’améliora beaucoup à la suite de l’opération, lui permit de se conduire facilement et de reconnaître sans peine les gros objets à l’aide d’une lentille biconvexe. Cette seconde méthode exige un laps de temps
beaucoup trop long, pendant lequel l’état de l’œil peut fortement s’aggraver et diminuer les chances de réussite de l’opération.
Enfin, en 1863, de Græfe donne le conseil de procéder à l'extraction de l’entozoaire à travers une large plaie faite à la sclérotique, au voisi-
nage et dans le sens de l’équateur. Il faut remarquer qu’on est d’autant plus autorisé à une semblable opération, que la seule crainte possible est de voir l’œil opéré devenir phtüisique, soit de prime abord, soit petit à petitpar désorganisation progressive. Or, dit-il, la phthisie du globe oculaire étant toujours la terminaison fatale spontanée dans ce cas, il vautmieux risquer de la provoquer tout de suite, et au moins préserver l’autre œil des suites funestes qu'y pourrait amener l’irritation chronique entretenue par le cysticerque. Par ce procédé, on obtient une large plaie. qui, par sa situation et sa direction, a une tendance spontanée à s’entre-bâiller largement; ce qui facilite l’introduction de l'instrument dans différents sens et,une fois l’animal saisi, permet de l’extraire, sans chance de la voir se déchirer.
Hirschberg a apporté quelques modifications au procédé de Græfe. Voici comment il s'exprime dans une communication qu’il fit, le 3 juillet 1872, à la Société de médecine de Berlin:
« Je crois que, pour assurer le succès de cette opération, il faut te- » nir compte des trois points suivants: Î établir l’indication d’une » facon exacte ; 2° exécuter l’opération avec la plus grande promptitude » possible ; 8° provoquer une guérison par première intention.
» Quant au premier point, l’extraction ne me paraît pas devoir être » conseillée dans les cas où la cécité produite par le cysticerque re- » monte déjà à une époque éloignée, et où il est survenu, à la suite » d’inflammations secondaires, un ramollissement du globe. À une » période aussi avancée, l’énucléation est la seule opération qui con- » vienne, tant pour abréger la durée de la maladie que pour faire ces- » ser les symptômes, parfois fort pénibles, et préserver l’œil sain des » atteintes de l’ophthalmie sympathique. Les conditions sont tout au- » tres pendant les périodes initiales de la maladie. »
Hirschberg préconise, au lieu de la section équatoriale des tuniques de l’œil, les incisions méridionales, par lesquelles on atteint le cysticerque. Puis il ajoute: « On doit veiller, pendant lopération, à ce que » l'incision ait une étendue d’au moins 5 à 6 millimètres, afin que la » sortie du ver puisse s'effectuer avec facilité et, autant que possible,
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» sans perte de substance vitrée. On doit ensuite apporter wne très- » grande attention à l’excision de la partie de l’iris correspondant à » l’incision, ainsi qu’au dégagement du cristallin, et faire dans la même » séance les trois temps de l’opération. Ensuite le malade se lève et » incline fortement la tête en avant; on fait bâiller la plaie, en pres- » sant sur sa lèvre inférieure, et le cysticerque glisse vers la plaie. »
Observation III
Cysticerque du corps vitré, par A. Sichel.
Léocadie L...…., âgée de trente-huit ans, domiciliée à Bastide-Clérence (Basses-Pyrénées), fut prise subitement, le 12 avril 1871, d’un malaise général, s’accompagnant de sueurs froides et de tremblement de tous ses membres, qui l’obligèrent à se mettre au lit. Le lendemain, son état s'était légèrement amélioré, mais elle ressentait encore, principalement du côté gauche, un violent mal de tête et une douleur oculaire semblable à celle que lui aurait fait éprouver un coup de bâton sur l’œil gauche. Cet état dura une quinzaine de jours, pendant lesquels se manifestèrent des symptômes de dysménorrhée, qui n’ont pas disparu depuis.
En même temps la vue diminua dans l’œil gauche, dans lequel s montrèrent aussi des photopsies et des mouches volantes. La paupière correspondante devenait lourde, au point de ne plus pouvoir être soulevée ; le médecin, consulté alors, conseilla des sinapismes au bras et à la nuque et des compresses froides sur l’œil. Ces moyens parurent diminuer la douleur hémicrânienne, mais furent sans influence sur les troubles oculaires. Son état empirant toujours, elle consulta un
spécialiste de Bordeaux. Traitement antiphlogistique et prolongé, mais sans résultats. Bien au contraire, le mai s’aggravant de jour en jour, la malade se présenta enfin le 13 novembre à la clinique de M. Sichel. La vue de l’œil gauche est complétement abolie; liris n’exécute aucun mouvement spontané sous l’influence de la lumière. Les contractions sympathiques de la pupille sont lentes et paresseuses.
L’ophthalmoscope révèle ce qui suit: le cristallin est transparent, l’éclat rouge du fond de l’œil est considérablement voilé, et, à l’image droite, on aperçoit nettement dans la partie inféro-interne le flottement d’une membrane grisâtre parcourue par quelques vaisseaux foncés et tortueux. Tout le corps vitré est trouble; de sorte qu’il est impossible d’apercevoir les détails du fond de l’œil, et que c’est à peine si on entrevoit la papille. Dans la partie inférieure du corps vitré, on voit un amas d’opacités filamenteuses et membraneuses très-peu mobiles dans l’organe. En arrière de ces opacités, la rétine soulevée ne peut flotter à l’aise, comme dans les autres parties du décollement. La pupille ayant été dilatée par l’atropine, M.Sichel procéda à l’examen par l’image renversée, qui confirme les lésions déjà indiquées, mais n’en révèle aucune autre. On écrit donc sur le journal de clinique: «Ancien décollement de la rétine, nombreuses opacités du corps » vitré, cause déterminante inconnue. » On recommande à la malade de revenir le samedi suivant.
Sur ces entrefaites, elle fut atteinte d’une ophthalmie interne trèsintense et se présenta à la clinique avec tous les signes d’une violente irido-choroïdite. L’idèée d’un sarcome de la choroïde ayant provoqué des symptômes glaucomateux vint à M. Sichel; mais quel n’est pas son étonnement, en palpant le globe oculaire, d’en trouver la tension même inférieure à la normale! Aussitôt lui vint la pensée que ces phéromènes pouvaient être dus à un cysticerque intraoculaire. Instillations d’atropine, liniment belladoné, badigeonnage avec la teinture d’iode morphinée, frictions sur différentes parties du corps avec l’onguent napolitain. |
La malade se représente le 29 novembre. Ce ne fut pas sans satis-
faction, dit le professeur, que je constatai ce qui suit : la pupille était ronde, noire et dilatèe ad maximum; l'injection conjonctivale avait complétement disparu, l'écoulement des larmes avait cessé; plus de photophobie, aucune douleur. A la palpation, l’œil rencontrait sa tension normale. L’éclairage oblique faisait voir sur la cristalloïde antérieure sept ou huit petits agrégats pigmentaires, disposés sur une ligne brunâtre circulaire, marquant l'emplacement qu’occupait la pupille pendant la période aiguë d’irido-choroïdite. Je procédai alors à un nouvel examen ophthalmoscopique, à laide d’un miroir simple, sans lentille biconvexe; je fis diriger le regard de la malade directement vers moi. Je constatai l’éclat gris du fond de l’œil précédemment décrit et le flottement lointain et nuageux du fond de la rétine ; puis je fis regarder la malade en bas, tenant toujoursle miroir de la main droite, pendant qu’à l’aide du pouce de la main gauche, je relevai la paupière supérieure. Au moment où l’œil arrivait au bas de sa course et où il s’arrêtait dans sa rotation, je vis passer au côté interne de la pupille un petit corps blanc, allongé, opalescent, réfléchissant la lumière et mesurant environ 3 millim. de long sur À et demi de iarge. Ce corps blanc était visiblement terminé par un petit renflement d'environ À millim. de diamètre. Je supposai immédiatement que ce devait être la tête et le col d’un cysticerque dont la vésicule m'était cachée par l'iris. Voulant, à toute force, voir l’animal en entier, je fis de nouveau exécuter à la malade les mouvements suivants : 1° directement en haut, position dans laquelle je ne pus rien voir; 2° directement vers moi, même résultat négatif ; directement en bas. Au moment où l'œil arrivait au terme de son mouvement, l’animal m’apparut de nouveau, cette fois en entier, et je pus voir la tête, le col et la vésicule aussi distinctement que cela est représenté dans l’Zconographie ophthalmologique de mon père. La tête était directement en haut, le col et le corps allongé, la vésicule en bas. Pendant que je l’observais, l’animal exécutait des mouvements légers de flexion du cou, en même temps qu’il descendait dans le champ pupillaire, absolument comme un ludion renversé.