PULPE DENTAIRE
hà palpe dentaire, chez l’adulte, n’est autre chose que la papille dentaire du fœtus, dont lewolume est énormément réduit par suite des progrès du développement ; elle occupe la cavité centrale dont est creusée l’épaisseur de la dentine, et se prolonge dans les racines à travers les canaux dont celles-ci sont traversées. Exactement moulée sur les parois de la cavité qui la contient, elle représente par sa forme celle de la dent qui la couvre : ainsi, disposée en fuseau dans rintérieur des canines, elle est taillée en biseau dans les incisives, et offre dans les molaires un nombre égal de saillies coniques au nombre des tubercules de la couronne. Son volume , considérable chez l’enfant, diminue graduellement avec l’âge, et se trouve réduit chez le vieillard à un mince filet allongé, occupant l’étroit canal de la dent. Enfin elle disparaît complètement vers le terme de la vie, lorsque la production incessante des éléments de l’ivoire a comblé entièrement la cavité quelle occupe.
La pulpe dentaire est un organe mou, de couleur rougeâtre ou rosée, ne présentant par sa surface aucune adhérence avec la paroi dentaire.
Examinée chimiquement par M. le professeur Wurtz (1), elle a été trouvée imprégnée d’un liquide fortement alcalin, et contenant en dissolution une matière albuminoïde particulière. Cette matière est la modification de l’albumine qui se forme par l’action des alcalis sur ce principe. Elle précipite par l’acide acétique, ce qui la distingue de l’albumine normale. Le liquide qui la lient eu dissolution est incomplètement coagulé par la chaleur : il est précipité d’ailleurs par les acides minéraux, le tannin, les sels métalliques, tels que le sous-acétate de plomb, le sulfate de cuivre, le sublimé ; l’alcool le coagule en flocons épais. L’alcalinité de ce liquide excluant l’idée d’y admettre le phosphate de chaux à l’état de simple dissolution, Il parait plus probable que ce sel est intimement combiné à la matière albuminoïde elle-même.
La pulpe dentaire incinérée a donné, entre les mains du même chimiste, un résidu fortement alcalin, dans lequel on n’a découvert que des traces de phosphate de chaux. *
Au point de vue histologique, le germe dentaire de l’adulte n’offre que de très-légères différences avec le même organe chez le fœtus. On le trouve, en effet, composé d’une trame fibreuse assez serrée, avec interposition de matière amorphe homogène, finement granuleuse et transparente, au sein de laquelle se trouvent disposés des noyaux embryoplastiques qu’on peut observer à toutes les périodes de leur évolution. Les noyaux sont moins volumineux cependant que chez le fœtus, mais leurs divers caractères sont identiques. On ne trouve plus, dans l’intérieur de l’organe, les masses calcaires et les cristaux d’hématoïdine que nous avons signalés chez le fœtus; mais on constate encore, à la surface du germe, les cellules de la dentine disposées comme nous l’avons indiqué, et formant une couohe continue, que Kblliker regarde comme une couche épithéliale.
Les vaisseaux de la pulpe dentaire sont extrêmement nombreux,
(t) Voy. l’Union médicale, 25 novembre 1856.
d’où la couleur rouge de celle partie. La pulpe reçoit autant de filets vasculair.es et nerveux que la dent présente de racines. Ces vaisseaux pénètrent dans l’organe, s’y ramifient, et se terminent en anses à une certaine distance de la surface. Les capillaires ont, d’après Kôlliker, 0“™,009 à 0““,010 de largeur; ils appartiennent à la troisième variété de M. Robin, et forment des mailles assez serrées, d’où partent les veines. Les pulpes dentaires paraissent dépourvues de vaisseaux lymphatiques, mais elles présentent un système de ramifications nerveuses extrêmement riche. Dans chaque racine^ pénètre un filet nerveux qui, suivant Kfilliker (1), a 0““,07' à 0““,09 de diamètre, accompagné de plusieurs autres (jusqu’à six et davantage) ramuscules, n’ayant que 0“”,02 à 0’““,05. Les rameaux se dirigent vers la pulpe, y pénètrent, s’y ramifient, et forment un plexus très- *serré, qui se termine par des fibres primitives, de 0"'“,002 à 0““,003 de largeur. Cés fibres se terminent à leur tour soit par des anses (Wagner), soit par des extrémités coniques ou renflées en bouton (Robin).