‹ Étude sur le diagnostic bactériologique de la lèpreChapitre 12 sur 22 · OU CONVIENT-IL DE RECHERCHER LE BACILLE LÉPREUX · texte numérisé non relu

OU CONVIENT-IL DE RECHERCHER LE BACILLE LÉPREUX

Nous avons vu combien la dissémination du bacille dans l'organisme est étendue. À une période avancée de la maladie, tous les tissus, tous les organes peuvent en renfermer. Les lésions lépreuses sont alors extraordinairement étendues et profondes. Mais alors aussi, le diagnostic s’impose avec une telle évidence qu'il peut être fait aussitôt qu'on aperçoit le malade.

Mais ce n’est pas ainsi posé que le problème présente son intérêt. Il faut savoir trouver le bacille lépreux à une époque de la maladie, la plus rapprochée possible de son début. Nous avons vu qu’alors la lèpre est quelquefois d’un diagnostic difficile, et nous allons passer en revue les divers moyens que nous pourrons en pareil cas avoir à notre disposition, pour déceler l'organisme pathogène et établir ainsi un diagnostic causal certain.

4° —- Dans les ulcérations spécifiques.

Dans certaines formes communes de lèpre, les lésions

superficielles de la maladie évoluent vers l’ulcération, en . » $ (]

particulier les tubercules cutanes et sous-cutanés. Dans

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ces cas, il suffit de recueillir par un léger grattage les par- Lies superficielles de la plaie suppuraute el le pus lui-même pour pouvoir déceler très facilement des bacilles lépreux en plus ou moins grande abondance.

Les lésions des fosses nasales et de la bouche sont très fréquentes dans la lèpre. Le pus des ulcéralions nasales serait dans Ce Cas examiné avec avantage. Leloir recommande, en cas de lésions buccales de rechercher le bacilie dans la salive où on a grande chance de le rencontrer.

Celte recherche du bacille dans le pus des ulcérations lépreuses proprement dites, permet donc de melire en évidence de la façon la plus simple le bacilie de Hansen. Son importance est affaiblie par le fait que, à l’époque où cette recherche peut être faite avec succès, le diagnostic n’est ordinairement pas embarrassant. Son principal mérite est de permettre d'isoler le bacille et de faire la preuve du diagnoslic sans imposer au malade aucun mode désagréable d'exploration.

2 — Dans les éruplions et ulcéralions trophiques.

Mais il faut savoir d’an aulre côté que les lésions lépreuses proprement dites, les lépromes n'ont pas une grande tendance à l’ulcéralion : ia réaction du tissu qui est le siège du bacille est relativement t'ès peu intense, el l’action du bacCille n’a pas par elle-même une action destructive bien évidente pour les tissus où il se développe : c’est ainsi qu’on voil des Lubercules l'preux subsister indéfiniment dans la peau, ou «laps le tissu sous-culané sans abou tir x aucune ulcération. Et cependant on sail par les exa-

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mens hislologiques que dans les: lépromes la pullulation du bacille Iépreux est extraordinairement abondante.

La palhogéntie des ulcéralions au cours de la lèpre est, de Pavis de la plupart des auteurs, {mputable en majeure partie à des troubles trophiques : les altérations sont d’origine nerveuse el c’est par l'intermédiaire de la névrile que se font les destructions périphériques des tissus. S'il en est ainsi, il est probable que le plus souvent la présence da bacille lépreux dans le pus de certains ulcères, doit être expliquée par ce fait que la peau est devenue le siège d’un ulcère trophique dans une région antérieurement habitée par des parasites lépreux. Celte région cutanée riche en bacilles, n'aurait eu par elle-même aucune tendance à s’ulcérer S'il n’était survenu un trouble trophique. Ainsi c’est accidentellement qu’un léprome se trouve désagrégé par la Suppuralion. Ce fail a une grande importance, il explique qu'on puisse échouer quand on cherche à colorer le bacille dans les ulcères lepreux : c’est ce qui se passera si la peau s’ulcère, dans une région où aucune colonie lépreuse ne préexislait ; de là les nombreux examens négatifs publiés par les auteurs.

Cependant cette recherche n’est pas à négliger car si d'une part elle est un peu hasardeuse, si ses résultats sont Soumis à cette condition que l’ulcération repose sur des tissus porteurs de lépromes, d’uu autre côlé, la distribution des bicilles dans la peau est assez étendue pour qu'on ait quelques chances d’obterir un résultat posilif. Cette recherche quoique un peu longue puisqu'il faut quelquefois examiner de nombreuses lamelles pour trouver un

petit nombre de parasites typiques, a cependant des avan- BAILLY 6

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