‹ Étude sur le diagnostic bactériologique de la lèpreChapitre 14 sur 22 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Kalindero Congrès de Dermatalogie de Paris 1889. (Comptes rend. par Feulard: Masson 1889 p. 592).

Lèpre tuberculeuse.

La face présente des tubercules clairsemés avec infiltration sous forme de plaques dans ceriaine de ses parties. Au lobule du nez épaississement du derme avec vascularisation radiée visible.

Le diagnostic a été précisé par l’examen du Sang qui nous a indiqué la présence des bacilles, loin des tubercales lépreux.

(L) Doutrelepont — Verhandlungen der deutsch Dermatolog. Geselschaft Leipsig 1891.

(2) Jaja. — Intorno alla etiologia della lepra Giorn. ital. dell.

mal. Vener. 1886 ; 210.

(3) Fr. Muller. — Deut. archiv. f. klin Med., bd xxxiv.

(4) Majocchi et Pelizari. — Vierteljahreschrift fur Dermatologie 1882; 575. , (5) Thoma. — Baumyarten’s Jahraesbericht 1890.

(6) Fisichella. — Giorn. d r. soc. ital. d’ig. Milano 189; 481. (7) Boinet. — Etude clinique de la lèpre basée sûr 80 observations Journal des maladies cutanées et syphilitiques 1892 ; 673 (8) Kübner et Muller. — Deut. archiv. f, klinische meilicin xxtv, 205 ; 1882.

OBSERVATION III Kalindero. Ibid., p. 596

Lèpre trophoneurotique systématisée nerveuse.

Le dos nous présente une éruption maculeuse pigmentaire sous forme de larges plaques, de macules pigmentaires ayant une intensité plus ou moins marquée dans sa coloration, variant du jaune sombre au jaune plus clair, et laissant entrevoir des parties de la peau dans son état de coloration presque normale.

Le diagnostic a été confirmé par l'examen du sang; dans les produits des ulcérations nous avons pu constater la présence des bacilles classiques.

Petrini (1) pense aussi que la présence du bacille lépreux dans la circulation générale est très rare. Il l’a trouvé dans le sang de la pulpe du doigt chez des lépreux atteints de lèpre tuberculeuse, et aussi chez deux autres atteints de lèpre nerveuse.

En somme, le résultat de ces recherches montre qu'il peut être ulile au diagnostic de faire l’examen du sang, quand on soupconne l’existence de la lèpre. Si le procédé ne donne pas une grande sécurité, il mérite cependant d'être employé, à l’occasion, en particulier parce qu’il

‘permet en cas de succès de la recherche, de résoudre le

problème séance lenante et sans les délais qu'exige une méthode plus parfaile dans ses résultats.

5° — Dans des fragments de tissus lésés.

C’est l'examen biopsique qui à donné entre les mains

(1) Petrini. — Op. cit.

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des auteurs qui ont eu recours à lui, le meilleur résultat au point de vue du diagnostic bactériologique. Le bacille infiltre les tissus lépreux; il est difficile de l’en isoler, aussi a-t-on été amené à prendre le tissu lui-même pour y faire la recherche du parasite.

Certes, cette pratique n’est pas sans inconvénient, et il peut arriver que des malades refusent de s’y soumettre et d’en supporter les ennuis ; mais ceux-ci peuvent être bien atténués pour la plupart et l'intérêt d’un diagnostic précis est assez grand pour contrebalancer amplement les désagréments imposés au malade. Le plus souvent ceux-ci acceptent sans aifficulté l’examen biopsique. La douleur est le plus souvent nulle puisqu'il est indiqué de choisir le point où les lésions sont le plus marquées. Ce point est très ordinairement anesthésique. Au besoin, l’anesthésie locale à l’aide de cocaïne ou de glace mélée de sel ou de chlorure de méthyle rendra l’extirpation tout à fait indolore.

L'endroit de la peau à choisir de préférence est naturellement celui qui est le siège d’une éruption nettement caractérisée. C’est ordinairement une macule lépreuse anesthésique qu’on choisit.

Il est indiqué expressément de prendre les précautions antiseptiques de toute intervention sanglante, aussi bien pour les instruments qui seront flambés ou bouïillis, pour le siège de la plaie qui sera soigneusement brossé au savon, lavé à l’éther, à l'alcool, au sublimé, que pour les mains du médecin qui seront lavées de même, |

En choisissant une région riche en tissu cellulaire lâche, l’avant bras par exemple, on fait plus facilement l’excision

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de toute l'épaisseur de la peau et on peut plus facilement rapprocher les bords de la plaie par une suture. Un fragment d’un centimètre de long sur deux ou trois millimètres de large convient bien à l’examen biopsique. La peau se rétracte un peu une fois enlevée et la plaie s’élargit mais il est facile néanmoins d’en faire la suture.

On obtient un excellent résultat en suivant pour la préparation du morceau excisé la technique décrite par Nicolle dans sa thèse (1). Le fragment de peau est fixé par un séjour de vingt-quatre heures dans le liquide de Mayer. (Sublimé 7 gr. acide acétique 1 gr. eau 100 gr.) étendu de son volume d’eau, puis lavé pendant vingt-quatre heures. Pour le durcissement, Nicolle se sert de l’acétone au lieu d'alcool. Ce procédé a l’avantage de laisser à la peau sa souplesse et permet d'obtenir des coupes fines, nécessaire pour les examens aux forts grossissements. Après plusieurs jours de séjour dans l’acétone changé jusqu’à parfaite déshydratation, le fragment de peau est inclus dans la parafine suivant la méthode ordinaire classique et coupé. On obtient sans difficulté des coupes de 1/100 de millimètre parfaitement propices aux colorations que nous avons exposées plus haut.

Nous donnons un exemple de lapplication de cette recherche du bacille dans Ja peau. Nous devons cette observation à la grande obligeance de M. le docteur Duguet dans le service duquel le malade a été observé. L’examen bactériologique à été pratiqué par M. le docteur Ettlinger ancien interne du service. Il s’agit dans ce cas d’un malade dont

(1) Micolle. — Le bacille du chantre mou. Thèse de doctorat, Paris, 1891.

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le diagnostic clinique était évident par suite de l'existence d’une éruption typique maculo-tuberculeuse de la face et de lésions maculeuses de toute la surface du corps avec des zônes d’anesthésie. L’examen bactériologique fait au niveau d’une macule anesthésique de la région deltoidienne mit en évidence une quantité innombrable de bacilles de Hansen, et donna ainsi la confirmation bactériologique de diagnostic clinique.

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