‹ Étude sur le diagnostic bactériologique de la lèpreChapitre 16 sur 22 · SR NES · texte numérisé non relu

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d’après les exaineus de ce genre que nous avons trouvés dans les auteurs, celte méthode de recherche par l'examen biopsique à très souvent donné des résultats positifs el très rarement des résultats négatifs quand elle à été faite dans des conditions favorables. Dans plusieurs cas que nous relatons ci-après, c’est gràce à cette méthode que les observateurs ont pu poser le diagnostic ferme de lèpre resté jusque là hésitant. Plusieurs ont fait la comparaison avec d’autres procédés et en particulier avec celui du vésicatoire suppuré, et ont pu ainsi élablir l’infériorité de ce dernier.

On a autrefois considéré les macules lépreuses, comme des lésions exclusivement trophiques, dues aux altérations des nerfs de la peau. Cette opinion a été professée en particulier au Congrês de dermatologie de 1889 par Unna (1) qui regarde les lésions maculeuses de la lèpre comme le produit indirect de la maladie. Il décrit sous 1e nom de neuro-léprides les éléments éruptifs érythémateux, értyhémato-papuleux, érythémato-pigmentés, ou pigmentés d’emblée qui, d’après lui, sont l’expression symptômatique de lépromes des nerfs de la peau, et qu'il oppose aux lépromes proprement dits de la peau, produits directs du bacille, quant au bacille, sa recherche a toujours été négative dans les éléments purement trophiques que repré- Sentent les macules. Cet auteur, dans une séance ultérieure et à propos d’une communication de Kalindero, revint sur cette constatation première : « Jusqu'à présent on n’a pas trouvé de bacilles dans la peau, dans la lèpre des nerfs. Un

(4) Unna. — Neuro-syphilides et neuro-léprides. Congrès de derma-

tologie 1889. Comptes rendus par H. Feulard ; (Masson) 1890, p.835. Ibid; p. 613.

des élèves de mon laboratoire, dans une lettre reçue hier, m’annonce, dans un cas de lèpre nerveuse avoir trouvé des bacilles disséminés le long des vaisseaux cutanés. C’est là une découverte qui mérite d’être signalée. »

La recherche du bacille de Hansen dans les taches de la lèpre anesthésique pure à été faite par Laaft (1) dans quaire cas diagnostiqués par Danielssen, par l’extirpation de petits fragments de peau au niveau de ces taches. La recherche des bacilles a été constamment couronnée de succès entre les mains de cet auteur. Ni leur aspect, ni leurs propriétés ne les distinguent en aucune façon de ceux qu’on trouve dans les nodosités ou dans les autres lésions de ia forme tuberculeuse. La seule différence qu’on constate c’est que leur quantité est loin de pouvoir être comparée à celle qu'on trouve dans les lépromes eux-mêmes.

Cette quantité varie suivant les taches examinées. Elle paraît dépendre de l’âge des macules : plus le processus est récent, plus la peau contient de bacilles. Le siège des bacilles est principalement intra-cellulaire. Laaft a aussi constaté l’existence d’amas bacillaires en petits blocs dans un de ses cas ; dans leur voisinage immédiat on aperçoit toujours des noyaux, Ces amas de bacilles doivent être regardés comme des corps jaunes à leur début. Ces corps jaunes, correspondent aux globes de Neisser. Rappelons que ces mêmes figures répondent aussi à cequiest décrit par Virchow sous le nom de grandes cellules lépreuses. Leloir (2) avait déjà montré que les cellules lépreuses de Virchow ne sont autre chose que des amas bacillaires sans aucun rapport avec les

(4) Laafl. — Archiv. für Dermatologie, 1893 : 288. (2) Leloir. — Op. cit., p. 223,

De re

éléments cellulaires. Cetté Opinion à été confirmée aussi par les recherches d’Unna. Les bacilles et les spores forment des zooglées unies par une Substance mucilagineuse.

Nous voyons donc par ces faits que les macules lépreuses et surtout les macules récentes, peuvent Servir à l'examen bactériologique biopsique.

Cet examen bactériologique a été fait dans cinq cas avec succès par Cornil (4) à l’aide de fragments de peau pris sur le vivant, et adressés de Constantinople par Zambaco au laboratoire d’anatomie pathologique de la Faculté de Paris. Les bacilles furent trouvés en nombre colossal dans les plaques et tubercules pigmentés de la lèpre.

Bodin (2) s'appuyant sur trois cas de lèpre dans lesquels il a fait comparativement l’examen bactériologique, démontre l’inconstance des résultats du procédé de Kalindero ; ils ont échoué deux fois sur trois. Au contraire l'examen biopsique a réussi deux fois sur deux, et justement dans les deux où le procédé du vésicatoire échouait. Dans le troisième la biopsie n’a pas été faite; mais comme c'était une lèpre tuberculeuse, sa réussite aurait été certaine.

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