SYMPTOMATOLOGIE SPECIALE DE CHAQUE VARIÉTÉ
Nous avons, dans les pages précédentes, essayé d’indiquer les caractères par lesquels on pourra reconnaître les différentes variétés d’occlusion dynamique de l’intestin et les séparer des étranglements vrais. La partie du diagnostic qui nous reste à traiter est aussi difficile que délicate.
La plupart des auteurs qui se sont occupés de l’étranglement interne ont négligé ou tout au moins ont fort peu insisté sur les caractères propres à distinguer, chez le malade, des différentes causes de l’affection. Ceci s’explique du reste facilement. Les uns, partisans exclusifs de telle ou telle méthode chirurgicale, n’estimaient pas qu'il fût nécessaire de préciser ces diverses causes et d’en rechercher les manifestations caractéristiques, puisque quel que dût être le résultat de leurs investigations, l’indication du procédé opératoire n’en serait en rien modifiée.
D’autres médecins, et c’est le plus grand nombre, ont été découragés par runiformité de symptômes encore mal étu-
(liés; c’est du moins ce qui ressort des différents écrits qui se sont succédés à ce sujet (J) pendant un long espace de temps. Cette uniformité est, croyons-nous, plus apparente que réelle et doit être attribuée à la façon défectueuse et incomplète dont se prenaient jadis les observations cliniques ainsi qu’aux lacunes qui existaient alors dans l’étude de l’anatomie pathologique et surtout de la pathogénie des dilférentes sortes d’étranglement.
Rokitansky en 1836 (2), B., Philips en 1843 (3), furent les premiers à essayer de combler ces lacunes et à faire des étranglements une étude générale. En 1839, l’Académie de médecine mettait au concours la question suivante : Anatomie pathologique des étranglements internes et conséquences pratiques qui en découlent.
Deux mémoire s lui furent présentés par MM. Duchaussoy (4) et Besnier (3) ; ces auteurs, en réunissant et analysant un fort grand nombre d’observations nécroscopiques d’étranglement interne, ont posé des bases qui sont d’un grand secours au clinicien pour l’élucidation de la question du diagnostic. C’est surtout à partir de ce moment que les diflérents observateurs ont reconnu la nécessité de noter les moindres symptômes et la marche exacte et détaillée des accidents, afin de pouvoir dégager d’une symptomatologie trop générale les particularités passées jusque-là inaperçues ({ui peuvent seules servir à établir un rapport de quelque valeur entre les phénomènes observés et la lésion locale.
La plupart des observations publiées depuis les travaux de MM. Duchaussoy et Besnier ont été de notre part l’objet d'une étude consciencieuse; c’est en rassemblant les indications statistiques de fréquence, d’àge ou de
(1) Velfe, Moehsen, Zwinger, V. Swielen, Schoder, Hévin, etc.
(2) Rokitansky, Sur les étranglements internes des intestins, niéd., Jahrb. des œst. sc. 19® vol.
(3) B. Phillips, Observation on intestinal obstructions depending on internai causes.
(4) Duchaussoy, Anal. path. des étranglements internes (Mém. de l’Acad. imp. de méd., t. XXIV).
(3) Besnier, Des étranglements internes de l’intestin.
sexe, en recherchant avec soin les antécédents, en comparant les caractères et le mode d’apparition des signes présentés par les différents malades, en recherchant enfin quels sont ceux de ces signes qui se sont présentés le plus souvent dans telle ou telle variété, que nous essayons de faire reconnaître chacune d’elles.