‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 11 sur 107 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Modifications conditionnelles des voyelles.

E pour A

Parmi les dialectes dits éoliens, le {hessalien a parfois changé αι en ει. M. Hoffmann (Gr. Dial. IT, p. 423 suiv.) cite les cas suivants ‘ : εἵμουν dans ᾿Ανδρείμουν (thème aiu-), δείμονε — att. daiuove, la désinence -re pour -ται : ἐψάφιστει, βέλλειτει, γινύειτει, la désinence -vdew pour -νται : épavypéγθειν. et les infinitifs en -σθειν — -σθαι et -σειν — -cou : ψαφιξάσθειν. ὀνγράψειν. L’éolien d'Asie n’a pas effectué de semblable changement. IL ἃ seulement conservé quelques mots dans lesquels un ε correspond à un α ionien-attique. Parce que le même fait se constate soit en thessalien, soit en béotien, soit en arcadien-cypriote, il a été considéré comme une preuve de la parenté particulière de ces dialectes avec l'éolien asiatique (voir entre autres Künstler, Gemeinsame, p. 9 suiv.). Jetons un coup d'œil sur l'origine de ces mots et leur destinée dans les dialectes.

En Eolie, le nom d’un personnage de Pordoséléna appelé Θέρσιππος. se lit plusieurs fois sur l'inscription IGMA 645. D'autre part les grammairiens nous enseignent l'existence du mot éolien θέρσος: Schol. IL B 212 (com-

1. L'E du thess, dE — αἴξ, διὰ n'est pas sorti de ἃ par suite d'une loi phonétique spéciale aux Thessaliens.

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mentant Θερσίτης) ; Hérod. II, 520, 16: II, 686, 32: Choer. 1, 166, 25; EM 447, 24; EG 259, 47; Eust. 213, 12.— De plus, dans Théocr, 28, 3, on lit θέρσεισ᾽ = att. θαρσοῦσα; mais le n'est écrit en réalité que dans un manuserit du xve siècle, et en seconde main; les autres manuscrits ont la leçon θαρσεισ᾽ où θαρσοισ᾽. — Donc, θέρσεισα ne fut peutêtre qu'une imitation du grammatical θέρσος. lequel semble dû à l'explication étymologique des homériques Θερσίτης. ᾿Αλιθέρσης. La forme θερσ- n’est assurée en éolien que pour les noms propres.

Mais précisément nous la trouvons usitée de la même façon daus d’autres dialectes. Par exemple *:

Attique : Θερσίλοχος CIA IT, 308, 1 ; Θέρσωνι ΕΑ 1883, col. 119 Suiv. 22 (cités par M. Meisterhans Gr. p. 96 n. 710); puis Θέρσανδρος CIA 11, 108 ὃ 7; ‘Irrobépons 318 b 29; Θερσίλοχος 107 ὃ 1; 307 ὃ, δ; 952 ὃ 21 ; 645 ὃ 11 ; Θέρσιππος 231 ὃ 36; 772 bB I, 4,6; Θέρσων 834, ὃ E, 22.

Tonien : Dans Homère Θερσίτης, ᾿Αλιθέρσης. ΠΙολυθερσείδης.

Sur les inscr. : Θερσέλεω OH, IL, 653, 2; ...θέρσης ibid. 94, 1, etc. (Hoffmann Gr. Dial. IT, p. 245).

Argien : Θερσίων AJA 1896, p. 49, n° 13, 1. 17; Θερσίδαμος (Frankel, Berichte der Berliner Akademie 1898, ἢ 699, LITE a

De même aussi en {hessalien : Θερσιταίου SGDI 1329, 22 : Θερσίτας 345, 77; Θερσολόχειος 358, etc.; — mais, avec la forme θρασ-- : Θρασίππειος Kern Znscr. Th. p. 7, n° 3, 9.

En béotien : Θερσανδρίχω SGDI 494, 7: mais Θάρσων 551,6; 547, 8, etc.; Θαρσομάχ[ω] IGS I, 2720, 4.

En arcadien : Θερσίας SGDI 1224; Θερσίαυ 1231 ὃ 13; mais Θρασέας 1231 6 70 ; Θράσιππος 1249, 10 *.

1. Sans compter une foule de personnages cités dans les œuvres littéraires des Grecs, et dont les noms sont composés à l'aide de l'élément θέρο-. tels que l’Erythréen ᾿Επιθέρσης (Paus. VI, 15, 6), le Cnidien Ἔπιθερσίδης (Diod. Sic. 5, 9), et l’Athénien ᾿Ιπποθέρσης contre lequel Lysias composa un discours (Harpocrationis lexicon, 5. v. ἀφανής οἱ Ἱερώνυμος).

2. Les composés en θερσ- sont avec θαρσέω. θρασύς dans le même rapport que ἁλιοτρεφής, διοτρεφής avec ταρφύς, τραφέρη. τάρφεα..

(Sur ces derniers mots, ν, Meillet, Notes d’Etymologie grecque, p. 1).

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Les inscriptions éoliennes ne connaissent que la forme avec a : χράτιστζον IGMA 134, 2; χράτιστα 527, 16; et dauoxpatias 59, 12 de l’époque impériale. Puis les noms propres : Κράτητος (gén.) IGMA 134, 1; ᾿Ελλανοχράτεια 74, 11; ᾿Εχεχράτη 323; [[Ἐ]π[ιχράτης 646 © 59; ..«χράτης 646 D 43: Ἰζλεοχράτίειος) OH, II, 137, 4; Φιλοχράτης 1b. 146, 2 ; *Apuotoχράτεος (gén.) ἰδ. 147, 16. Pourtant la restitution Tlavxpé- [τειος] IGMA 54, 4 n’est pas dénuée de vraisemblance, puisque les Eoliens ont fait usage non seulement du comparatif χρέσσων EG 648, 20, mais surtout du substantif xpéroc. Ce dernier est cité par (ἃ. III, 1: et la Scholie V d’Aristoph. Guêpes 1234, pour en prouver l'existence, rappelle le frg. 25 d’Alcée. En outre, M. Bergk a rencontré juste quand il a corrigé ἐπιχρέχει Alc. 82 en ἐπιχρέτει, auquel cependant ἐπιχρέτηι paraîtra préférable. L'éolien donc posséda xpat- et xpet-, l'un employé dans χράτυς. χρατύνω, χράτιστος !, l’autre dans χρέσσων et χρέτος. Or les thèmes en -εσ- sont régulièrement construits sur la racine normale (Parmentier, Subst. et adj. en -e5-, p. ήο suiv.).

L'ionien et l'attique conservèrent xper- dans 16 comparatif xpécowv, χρείττων. En {hessalien, comme en béotien, xpar- seul se rencontre: Thess. Κράτιππος SGDI 1307, 3; *Aotoxpéteu 1329, D; Φεέρεχρατ... Mitt. 1896, r10, 11 (archaïque), ete. — Béot. Ilolvxparex SGDI 589 ; Κράτωνος (gén.) 379, 3 et d'autres encore. Ce n’est qu’en arcadocypriote que xpet- se retrouve en concurrence avec xpatdans l’onomastique : arcad. Edpuxpérns SGDI 12371 D 3, mais ᾿Αριστοχράτης IISI Ω 12: — CYPr. ᾿Αριστοχρέτης 71,1, mais Kvutpoxoatiros 26, 1.

L'extension de la forme χρετ- ne s’est donc pas produite de la même façon dans les dialectes dits éoliens.

Un éolien Apéxuwy est cité C. III, 53. Le texte porte τὸ

1. κράτιστος a subi l'influence analogique de 4p4tv5, cf. Meillet 2151, XI, p. 6 suiv,

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