DOUBLE SIGMA
Avant d'aborder ce nouveau sujet, il convient d'élucider d'abord la question des mots en -ἄσιον -ασια -ασις dérivés des verbes en -aïw. Leur σ remonte-t-il suécessivement à 66, à στ et enfin à ὃτ(-ασιον {-ἀσσιον {-ἀστιον {-αὅτιον )? Le +, précédé d'un 6, at-il pu s'assibiler devant un :? M. Brugmann (Gr. Gr. p. 66) le croit, et, pour démontrer la possibilité de ce changement phonétique, il allègue l'éolien ἐσσί « 1] est » ou « ils sont » et aussi les graphies telles que ἀλίασσις. qui se rencontrent sur quelques 1inscriptions dialectales. |
En ce qui concerne l’éolien ἐσσί OH, 11. 135, 1, M. Hoffmann (Gr. Dial. IT p. 435) le prend pour un pluriel créé sur “εἰσί d'après ἔσμεν(2) ἐστέ ἐστί. Cependant, puisque le sujet de ce verbe est un nom neutre: τὰ σχεύεά ἐσσι δαμόσια.
on le regardera prudemment comme une faute du gra-
EN ᾿ς
veur. En réalité, « il est » se disait chez les Foliens ἐστί Sa. 85, 1, Alc. 15, 7, Th. 29, 29, ἐστίν IGMA τή,
13 ; 61, 8; SGDI 311, 9, 21; cf. ἔνεστι IGMA 4, 16, — et . «ils sont » ἔοισι IGMA 30, 3, selon la lecture de M. Paton (v. p.42 M).
Les mots en -αἀσσις -xoouw sont les suivants :
Béotien : ἀγόρασσιν REG 1899 p. 31 à 21,
Argiens : gén. ἀλιάσσιος Mon. Ant. I p. 593, [. 5 (— RA 1891 ΠῚ p. 50), inscription d'Argos, στεγάσσιος EA 1892 col. 69 1. 41, ἀποστεγάσσιος SGDI 3362, 24, 25, ἑρμάσσιος ib. 1. 41 et ἱμασσίαν ἐν. 1. 27, inscriptions de Trézène.
M. Schulze (QE 543, note de la 1° col.) a vu, dans les formes de Trézène, des 5 renforcés par un τ en hiatus. Mais sur la même ligne que ἀλιάσσιος se lit χαταθέσιος,
Pour M. Danielsson (Zranos 1896, vol. I p. 31), le 56 de ἀλιάσσιος est dû à l'analogie de l'aoriste du verbe ἀλιάζω.
Mais à cause du béotien ἀγόρασσιν. opposé aux aoristes en -ττὰ de ce dialecte, tels que χατασχευάττη. cette explication ne satisfait pas M. Brugmann, qui persiste dans son opinion ci-dessus relatée (Berichte d. sächs. Gesellsch. 1899 p. 209 note et 218).
Quelle que soit la force d'une pareille objection, l'hypothèse de M. Brugmann elle-mème se heurte à ἐργασίας SGDI 3362, 19, 28, 32, 35, 38, 40, qui se trouve sur la même inscription que ἀποσπεγάσσιος. Ce difficile problème ne peut se résoudre qu'en le divisant.
1° Le cc du béotien ἀγόρασσις n'a pas eu pour cause les lois de la phonétique, puisqu'on rencontre en Béotie ᾿Ἐργασίων IGS I 969, γουμνασιαρχιόντων 557, 3, [γουμ]νασίυ 2849, 6, et que le σσ ne s'y simplifia jamais, témoin les datifs pluriels en -εσσι ἡ. C'est donc une imitation accidentelle des doublets tels que Τελεσσίστίροτος] 1GS 1 2359: Τελεσίας SGDI 4376, 30, etc.
2 Dans le dialecte argien, les verbes en -[w avaient
deux aoristes, l'un en -54: ἐργάσασθαι SGDI 3325, 13, 37,